Matra Automobile ferme son usine de Romorantin

Etape supplémentaire dans son désengagement du secteur automobile, Lagardère va fermer les usines de production de Matra Automobile, basées à Romorantin-Lanthenay (Loir-et-Cher). L'annonce, faite par le PDG de la société, Armand Carlier, au cours d'un comité central d'entreprise au siège de Trappes (Yvelines) signe la fin de l'activité de constructeur de Matra Automobile, que le groupe Lagardère cherche à vendre depuis des mois. Ses négociations avec le petit équipementier allemand Albert Weber ont apparemment échoué. Les salariés devaient se réunir en fin d'après-midi avec les leaders syndicaux à Romorantin-Lanthenay, pour décider d'éventuelles formes d'action. "Nous refusons en bloc cette solution", a déclaré à l'AFP Pierre Berthoux, un délégué CGT "historique" de Matra Auto. Mais ni la CGT, minoritaire chez Matra, ni les autres syndicats n'ont pu vraiment mobiliser leurs troupes ces derniers mois. La fermeture prochaine implique un nouveau plan social pour environ 900 salariés, selon des participants au comité d'entreprise. Matra Auto ne conservera à Romorantin qu'une centaine d'emplois pour l'unité de pièces de rechange. Des suppressions d'effectifs sont également prévues au siège du groupe à Trappes.Les usines étaient en perte de vitesse depuis que Renault a décidé de rapatrier l'assemblage de l'Espace, fruit du partenariat Renault-Lagardère, dans son usine ultra-moderne de Sandouville. Le site de Romorantin, qui employait 2.500 personnes du temps de l'Espace, doit depuis se contenter de la fabrication de l'Avantime, un coupé monospace développé par Renault. Les effectifs ont été réduits à 1.048 salariés. Mais le lancement de l'Avantime n'a pas eu le succès escompté et Renault n'a eu de cesse de revoir à la baisse ses prévisions de vente. Les cadences ont fini par tourner à tout petit régime et l'on ignore encore si Renault va reprendre la production à son compte ou bien l'abandonner. Le divorce entre Lagardère et Renault était dans la logique des choses et a été consommé en plusieurs étapes ces derniers jours. D'abord, la démission de Jean-Luc Lagardère du conseil d'administration de Renault, annoncée la semaine dernière. A suivi, le 24 février, la vente de la participation de 1,26 % détenue par Lagardère dans le capital de Renault, qui a rapporté 140 millions d'euros au groupe. Puis aujourd'hui, l'annonce de la fermeture des usines de Romorantin. Matra Automobile étant le principal industriel privé de Sologne et même de la région Centre, la fermeture de ses usines est un coup dur économique de grande ampleur. Le site de Romorantin devrait cependant bénéficier d'un contrat de site piloté par l'Etat pour sa réindustrialisation, comme celui qu'ont obtenu au début du mois les bassins de Lens, Longwy et Angers, selon le député UMP Patrice-Martin Lalande, cité par l'AFP.

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