L'Etat débloque 50 millions d'euros pour faire face aux risques de marée noire

Avant un comité interministériel vendredi soir, le Premier ministre s'est rendu dans l'après-midi sur le littoral atlantique pour constater l'étendue de la pollution sur les côtes françaises. Toute la côte landaise est désormais souillée par des résidus pétroliers provenant très probablement des cuves du Prestige. Des boulettes de fioul ont fait aussi leur apparition en Gironde, de Soulac à Lacanau, ainsi qu'à l'intérieur du bassin d'Arcachon. En Charente-Maritime, des traces de pollution ont également été trouvées à La Tremblade, à l'entrée du bassin de Marennes-Oléron. Des analyses sont en cours pour déterminer l'origine de la pollution. Devant les prémices de cette nouvelle catastrophe écologique, Jean-Pierre Raffarin a annoncé vendredi à Lège-Cap-Ferret (Gironde) le déblocage d'une "première enveloppe" de 50 millions d'euros pour faire face aux conséquences de la pollution du Prestige, navire battant pavillon libérien qui a sombré il y a sept semaines au large de la Galice. "Nous sommes face à une grave situation et nous comprenons qu'il est nécessaire de faire un effort financier important", a-t-il dit au cours d'un point presse à la mairie de Lège-Cap-Ferret. "C'est pour ça qu'une première enveloppe de 50 millions d'euros est dégagée dès maintenant avec directement 10 millions pour le fonds Polmar pour permettre aux collectivités territoriales de pouvoir financer les actions qu'elles ont à financer", a ajouté le Premier ministre. Les deux tiers des 10 millions sont destinés à payer le personnel et les moyens utilisés pour nettoyer les plages, a pour sa part précisé la ministre de l'Ecologie Roselyne Bachelot. "Nous mobiliserons d'autres moyens au fur et à mesure des initiatives qu'il faudra engager", a poursuivi le Premier ministre, qui a souligné à plusieurs reprises le "besoin de solidarité nationale". Plus tôt dans la journée, c'est le président de la République qui avait fait part de sa colère devant cette pollution. Dans une intervention exceptionnelle avant le compte-rendu du Conseil des ministres, Jacques Chirac a adressé aux habitants du littoral atlantique "un message très fort de sympathie et de soutien". "Je partage leur inquiétude et leur révolte" a-t-il indiqué, tout en dénonçant les "hommes d'affaires véreux, les voyous des mers" qui profitent "cyniquement du manque de transparence du système actuel". Le chef de l'Etat a rappelé qu'il avait demandé au ministre de la Justice Dominique Perben de faire "ouvrir des poursuites pénales contre les responsables et leurs complices" et qu'il lui avait demandé "de mettre à la disposition du parquet de Brest tous les moyens nécessaires pour agir avec rapidité et efficacité". Il a désigné les personnes susceptibles d'être "poursuivies et sanctionnées pénalement de façon exemplaire": "les capitaines, les propriétaires, les affréteurs des bateaux-poubelles, les sociétés de classification et les assureurs de tels navires, les sociétés gestionnaires des pavillons de complaisance". Il a également rappelé qu'il avait téléphoné jeudi au président de la Commission européenne Romano Prodi pour lui demander "d'accélérer l'élaboration" de dispositions permettant de "responsabiliser l'ensemble des acteurs du transport maritime". Jacques Chirac a aussi dénoncé "les scandaleux dégazages sauvages qui souillent nos rivages". Il semblerait d'ailleurs que certains navires profitent de la situation actuelle pour procéder à de telles opérations. Ainsi les analyses montrent que les boulettes d'hydrocarbure trouvées mercredi sur les plages des îles de Ré et d'Oléron ne proviennent pas du Prestige. Selon le préfet de Charente-Maritime Christian Layrit l'hypothèse la plus vraisemblable reste donc un dégazage sauvage.

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