La canicule, révélateur des maux du système de santé français

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Pourquoi plus de 11.000 personnes sont-elles mortes en France cet été lors de la terrible canicule qui a écrasé l'Europe ? Le rapport de la "mission d'expertise et d'évaluation" désignée par le ministre de la Santé apporte les premiers éléments d'explications. Même si les conclusions définitives ne seront connues qu'après l'audition jeudi à l'Assemblée nationale de Jean-François Mattei, une partie des travaux de la mission a été présentée à la presse et le moins que l'on puisse dire c'est que l'ébauche esquissée est accablante pour le système français de santé. La mission coordonnée par le docteur Françoise Lalande, inspectrice générale des affaires sociales, relève comme première cause de la forte mortalité enregistrée au mois d'août un net déficit dans la circulation de l'information entre les différents interlocuteurs impliqués. La "catastrophe" sanitaire liée à la canicule a fait apparaître "un décalage sensible entre la perception des administrations sanitaires et la réalité de la crise sur le terrain", estime ainsi la mission d'expertise dans son rapport. Le "cloisonnement entre administrations (centrales et déconcentrées) du ministère (de la Santé, ndlr), entre ministères et avec les services de terrain a entravé la mise en commun des informations disponibles" sur la canicule, poursuit le document.Après les autorités administratives, ce sont les praticiens qui sont mis en cause. Le rapport stigmatise ainsi les "défaillances du système de permanence des soins libéraux". Le "départ en congés massif des médecins généralistes", attesté par de "nombreux témoignages", a "gravement retenti sur le fonctionnement des urgences". Par ailleurs, la mission pointe "les difficultés croissantes à disposer de personnels en nombre suffisant", notamment de médecins, en raison de la mise en oeuvre des 35 heures, de l'intégration du temps de garde dans le temps de travail, et de l'état de la démographie médicale. Dans ce contexte, le "mois d'août a été marqué par des fermetures de lits d'hôpitaux plus importantes que celles prévues initialement par l'Administration hospitalière centrale", a jugé la mission. Enfin, elle explique que l' "accès à la climatisation pendant tout ou partie de la journée constituait le meilleur facteur de protection" aux fortes chaleurs de la canicule.A côté de ce constat, la mission Lalande fait un certain nombre de suggestions. Ainsi le rapport, considèrant qu'un "système d'alerte, de veille et d'information adéquat aurait permis de prendre plus rapidement des mesures permettant d'adapter le système de soins", préconise notamment que l'Institut de veille sanitaire (InVS) "se réorganise pour développer, à côté de ses systèmes sophistiqués, un système simple et robuste d'alerte basé sur l'activité des urgences et des services météorologiques". Le rapport suggère également d' "améliorer l'organisation et les moyens des services d'urgence de façon à ce qu'ils puissent accueillir dignement les personnes âgées et leur trouver des "lits de suite adaptés".La canicule et ses conséquences dramatiques ont particulièrement pointé la situation d'isolement des personnes âgées. C'est pourquoi, la mission estime nécessaire de revaloriser toute s Ce rapport met particulièrement en lumière la nécessité de revaloriser toute la filière de prise en charge des personnes âgées: développement des réseaux gériatriques ville-hôpital, création de services hospitaliers de gériatrie, renforcement de la médicalisation des maisons de retraite, recensement des personnes âgées vivant seules ou vulnérables. En terme de prévention, la mission insiste sur la préparation de "programme d'action chaleur" mais aussi de "plans pour des situations climatiques extrêmes". "S'agissant de la climatisation, et sans fixer de normes contraignantes, il faut que les établissements (hôpitaux, maisons de retraite) étudient les priorités d'équipement", soutiennent les quatres experts de la mission.

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