La reprise industrielle française se confirme

L'industrie française se redresse plus vite que prévu. L'indice Insee de la production industrielle a ainsi progressé de 1,3% en octobre sur un mois. C'est un chiffre nettement supérieur au consensus calculé par Bloomberg qui prévoyait une hausse mensuelle de 0,5%. Sur un an, le recul de ce même indice n'est plus que de 1,2%. Si l'on exclut les secteurs de l'énergie et de l'agroalimentaire, l'indice de la production manufacturière gagne 1% sur un mois. Là encore, le consensus des économistes visait une hausse de 0,5%. Sur un an, la baisse de la production manufacturière reste cependant plus marquée à -1,7%. Dans le détail, on remarque que tous les secteurs, sauf l'automobile (dont la production recule encore de 0,3% sur un mois, soit 2,2% sur un an) affichent des hausses mensuelles supérieures à 1%. La reprise, du moins dans le secteur industriel, se confirme donc nettement. La bonne nouvelle venant sans doute du secteur des biens de consommation, dont la production progresse de 2,2% en octobre après une baisse de 1% en septembre. Une hausse en partie due aux produits pharmaceutiques (+2,4%). En revanche, le rythme de progression des secteurs liés à l'investissement des entreprises ralentit un peu. Les biens intermédiaires voient ainsi leur production gagner 1% en octobre contre +2,2% en septembre. Si le rebond industriel français est moins fort que celui de l'Allemagne (+2,4% en octobre), c'est d'abord parce que cette dernière profite plus de la demande américaine. La reprise européenne est d'abord une reprise "importée" d'outre-Atlantique et les économies réagissent en fonction de leur ouverture vers l'autre rive de l'Atlantique. "Les perspectives du secteur industriel s'améliorent surtout en raison de la hausse de la demande externe", relève ainsi Florence Béranger, économiste chez CDC-Ixis. C'est pourquoi la production industrielle italienne, publiée également aujourd'hui, s'est révélée décevante (stable en octobre contre +0,2% attendu). "Le secteur industriel italien souffre d'une perte structurelle de compétitivité", souligne Florence Béranger."L'amélioration de la confiance des entrepreneurs est maintenant passé dans les chiffres", souligne ainsi David Naude, économiste chez Deutsche Bank. Mais, hier, la Banque de France a prévenu que le rebond industriel devrait marquer le pas,"notamment du fait de la poursuite du recul de l'automobile". Mais la question est désormais de savoir si cette reprise sera durable et relayée dans le reste de l'économie ou si elle n'est que ponctuelle. David Naude ne table pas sur une croissance forte de l'industrie française dans l'avenir. De son côté, Maryse Pogodzinski, économiste chez JP Morgan, estime que l'industrie devrait se stabiliser. Pas de quoi pavoiser, donc. D'autant que la menace que fait peser la hausse de l'euro sur cette "croissance importée" reste toujours d'actualité. Pour preuve, les chiffres de la balance commerciale française pour le mois d'octobre, publiés également ce vendredi, montrent un accès de faiblesse. Alors que le consensus des économistes se situait à 1,1 milliard d'euros pour l'excédent commercial de l'Hexagone, les douanes n'ont publié qu'un excédent de 329 millions d'euros. La raison de cette baisse (l'excédent de septembre était de 711 millions d'euros) est la faiblesse de la hausse des exportations (+0,9% sur un mois à 26,754 milliards d'euros) par rapport à celle des importations (+2,4% sur un mois à 26,425 milliards d'euros). Certes, cette hausse simultanée est un signe positif qui montre le retour d'un certain dynamisme commercial de l'économie française, mais les exportations ont bien évidemment subi le contrecoup de la hausse de la monnaie unique face au billet vert. Preuve que la "reprise importée" pourrait ne pas être suffisante.

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