Nouveaux signes de ralentissement pour l'économie française

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Les signes négatifs sur l'état de l'économie française se multiplient. L'Insee a ainsi annoncé ce matin que, pour la première fois depuis 1996, l'emploi salarié dans le secteur concurrentiel avait reculé en France au premier trimestre par rapport au trimestre précédent. Une baisse de 0,3% qui réduit la hausse annuelle à 0,1%. De janvier à mars, ce sont donc pas moins de 49.000 postes qui ont été supprimés. L'élément le plus inquiétant est que, pour la première fois depuis 1993, les services ont supprimé des emplois : 22.000 sur le trimestre, soit une baisse de 0,2% par rapport à fin 2002. Un recul en grande partie dû à la baisse de l'emploi intérimaire (42.000 postes supprimés sur le trimestre), ce qui montre que les entreprises anticipent une demande moindre dans les mois qui viennent et s'efforcent donc de réajuster au plus vite leurs effectifs. Et pour corser l'addition, l'industrie poursuit sa mauvaise humeur et accélère la réduction de l'emploi : -0.8% sur le trimestre, soit 31.000 postes supprimés. Seule raison de se réjouir: la progression de l'emploi dans le commerce de détail et dans la construction, mais sans que cela permette de réellement compenser l'hémorragie constatée par ailleurs. Nul doute donc que ces mauvais chiffres pèseront sur la conjoncture hexagonale. Et la bonne tenue de la consommation ces derniers mois (+1,4% sur un an en avril) apparaît comme une excellente performance au regard des conditions de l'emploi. Mais une correction n'est pas à exclure. D'autant que ce mouvement d'ajustement de l'emploi pourrait se poursuivre.De ce point de vue, les chiffres du commerce extérieur, publiés par les douanes vendredi matin, restent inquiétants. L'excédent du commerce extérieur a fortement progressé, quadruplant presque à 591 millions d'euros en avril, contre 122 millions en mars. Mais alors que les exportations ne progressent que légèrement (+0,3%), les importations reculent de 1,44%. La chute est particulièrement violente dans le domaine des biens de consommation et des biens intermédiaires. Preuve d'une atonie de plus en plus importante de la demande intérieure française. Enfin, pour couronner cette matinée de statistiques françaises, le chiffre de l'inflation pourrait, à première vue, ne pas sembler rassurant. Selon les données provisoires publiées ce matin par l'Insee, les prix ont reculé de 0,1% par rapport à avril. Sur un an, la hausse des prix se réduit à 1,8% et passe sous la barre psychologique des 2%. Il s'agit du deuxième mois de reflux de l'inflation dans l'Hexagone. En avril, les prix avaient reculé de 0,2% sur un mois et progressaient de 2% en rythme annuel.Baisse des prix, recul de la demande intérieure... Comment ne pas songer une nouvelle fois à la déflation ? Il faut à ce sujet rester prudent. On remarque en effet que la cause principale de la désinflation actuelle reste la chute des prix de l'énergie. Bénéficiant du recul du prix du baril de pétrole, les prix des produits énergétiques ont reculé de 2,3% sur un mois. Sur un an, la hausse des prix énergétiques n'est plus que de 0,4%. Et encore le prix du gaz a-t-il été augmenté. Pour les seuls produits pétroliers, le recul est en effet plus marqué : -5,2% sur le mois de mai et -1,3% en rythme annuel. Autre cause de sagesse, les prix alimentaires. En mai, ces derniers sont restés stables sur un mois, ce qui ramène leur hausse annuelle à 1,6%. L'évolution sous-jacente des prix n'est donc pas négative. Hors énergie, les prix ont ainsi progressé de 0,1% sur un mois et de 1,9% sur un an. Certes, la faiblesse de la demande industrielle pèse sur les prix du secteur manufacturier. Ce dernier, hors habillement et chaussures, voit ses prix progresser de 0,1% sur un mois et de 0,3% sur un an. Mais on n'est en aucun cas dans une spirale déflationniste. D'autant que dans les services, la hausse des prix reste régulière. Pour le quatrième mois consécutif, les prix des services ont ainsi progressé de 0,2% par mois en mai, ramenant la hausse annuelle à 2,8%. Difficile dans ses conditions de parler de déflation. Et il faut bien se ranger à l'avis de Wim Duisenberg qui, hier, affirmait qu'aucun des pays de la zone euro n'était en situation de déflation.

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