Nouvelle journée de mobilisation syndicale jeudi

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Alors que le débat sur la réforme des retraites se poursuit à l'Assemblée nationale, les syndicats se préparent à une nouvelle journée d'action, ce jeudi. Mais la journée de mercredi a cependant été marquée par une nette tendance au retour au calme.Les transports en commun ont ainsi connu moins de perturbations que les jours précédents. La SNCF a constaté une amélioration sur les grandes lignes, tandis que le trafic des TER est resté très inégal, avec de 1 train sur 4 à 4 trains sur 5 selon les lignes. Globalement, selon la direction de la SNCF, la grève était suivie ce mercredi par 15,4% des salariés, contre 28,2% mardi, début du préavis de grève reconductible. Même tendance côté transports parisiens, où le trafic est demeuré quasiment normal sur les RER A et B de la RATP une bonne partie de la journée. Le service était également à peu près normal sur une petite moitié des lignes de métro. La "tendance est nettement à la reprise progressive du travail dans les transports publics", s'est félicité le ministre des Transports Gilles de Robien à l'Assemblée Nationale, qui a "tiré un coup de chapeau à la majorité des personnels, restée au travail malgré des conditions difficiles, malgré des intimidations". Certains syndicalistes ont semblé prendre acte de ce relatif essoufflement du mouvement. Le secrétaire général de l'Unsa-Cheminots, Eric Tourneboeuf, a ainsi déclaré mercredi que la reconduction de la grève à la SNCF ne semblait "pas avoir la cote", et estimé que les cheminots "ne souhaitent pas s'engager dans un conflit dur". "Ce conflit est particulier. Nos schémas classiques sont bouleversés par la façon dont se passent les choses. On s'aperçoit que les rendez-vous pour des journées uniques sont mieux suivis que les mouvements reconductibles, ce qui est contraire à tout ce qu'on connaissait dans le mouvement social à la SNCF", a poursuivi M. Tourneboeuf. Même s'il donne des signes de ralentissement, le conflit n'est pas terminé pour autant. Quatre syndicats d'enseignants, la CGT, FO, l'Unsa et la FSU ont lancé mardi soir un appel à une nouvelle journée de grèves et de manifestations pour jeudi. Et la journée s'annonce d'autant plus sensible qu'elle sera marquée par les premières épreuves du baccalauréat.A cet égard, les syndicats ont fermement appelé leurs troupes à ne pas bloquer les examens. Tout devrait donc bien se passer, sauf dérapages ponctuels éventuels. En Haute-Corse, par exemple, l'intersyndicale FO-CGT-Unsa-FSU-SGEN-CFDT a demandé mercredi le report du bac dans le département et appelé les enseignants grévistes à se rassembler devant le principal centre d'examen de Bastia avant l'épreuve de philosophie du bac jeudi matin. "Il n'est pas question de s'affronter avec les élèves et leurs parents", a précisé Pierre-Louis Cacciaguerra, délégué FSU. "Mais il se pourrait que, dans ces conditions, le bac ne puisse se dérouler normalement", a-t-il ajouté...Luc Ferry a pour sa part conseillé aux candidats au bac de "prendre leurs précautions" pour éviter toute "grève surprise" dans les transports afin d'arriver à l'heure aux épreuves. "Tout a été mis en place dans les centres d'examens, il faut que les élèves le sachent, le bac aura bien lieu et se passera dans de bonnes conditions", a-t-il dit. Néanmoins, il a aussi évoqué la possibilité de "commandos contre les sujets de bac dans les centres d'examen".Dans ces conditions, la façon dont va se dérouler la journée de jeudi sera sans doute déterminante pour l'avenir du mouvement. Mardi soir, les syndicats ont réaffirmé que le refus du gouvernement de négocier sur les retraites est toujours aussi "injustifié" et qu' "il n'est pas question de tourner la page".Reste qu'aux yeux d'observateurs comme Guy Groux, directeur de recherche au CNRS-Cevipof, les syndicats contestataires s'enfoncent actuellement dans une impasse (lire l'interview ci-contre). L'appel lancé par FO à la "grève générale interprofessionnelle" n'a d'ailleurs pas reçu beaucoup d'écho à ce jour. La fin de la semaine permettra peut-être de savoir si les syndicats trouvent les moyens de sortir de cette impasse, soit en trouvant une issue honorable avec le gouvernement, soit en relançant la mobilisation.

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