Forte chute de la production industrielle en décembre

La dernier mois de l'année 2002 s'est révélé très défavorable pour l'industrie: tant la production industrielle que la production manufacturière (hors énergie et agroalimentaire) ont marqué lourdement le pas en décembre, avec des reculs respectifs de 1,7% et 1,8%.Ces chiffres s'avèrent bien inférieurs aux prévisions des analystes. Ainsi, le consensus de CDC Ixis limitait le recul de la production mensuelle à 0,7 %. Ces statistiques ne font que confirmer le ralentissement du secteur et s'inscrivent après un mois de novembre moins favorable que prévu initialement (0,9% pour la production manufacturière contre +1,1% précédemment). Sur un an, la hausse de la production industrielle dans l'Hexagone s'est limitée à +0,5%, selon les données corrigées des variations saisonnières publiées aujourd'hui par l'Insee.La baisse de l'indice mensuel est "la plus forte depuis 5 ans" observe Emmanuel Ferry, analyste chez Exane, qui souligne qu'en ce début 2003, "l'activité industrielle est au point mort" en raison de plusieurs facteurs: "les carnets de commandes sont très bas, il y a une absence de visibilité accentuée par l'Irak, et des craintes sur la compétitivité. (...) Le caractère défensif de l'économie française va s'effriter cette année avec l'affaiblissement de la demande interne, celle-ci réagissant avec retard à la dégradation de l'environnement international", juge l'économiste.Le ralentissement de la demande des consommateurs est flagrant dans les chiffres de décembre qui, s'ils montrent un repli de l'ensemble des secteurs, révèlent une chute très marquée de la production des biens de consommation. Cette dernière plonge de 3,7% par rapport à novembre, révélant une sévère décélération de la demande intérieure. La production de l'industrie automobile se replie de 2,5% sur le mois, et celle des biens d'équipement a baissé de 1,3% sur la même période. Des chiffres d'autant plus inquiétants pour l'ensemble de l'économie que la demande des consommateurs demeurait ces derniers temps un moteur essentiel de l'activité.Pour Marc Touati, économiste chez Natexis Banques populaires, interrogé par l'AFP, "la consommation continue de résister mais commence à épuiser ses dernières cartouches. Les dépenses des ménages finiront par reculer si les autres moteurs de l'activité ne prennent pas le relais". Mais depuis plus d'un an, la tendance est à la baisse dans l'industrie en général, où investissement, emploi et production sont en berne. La production des biens intermédiaires accuse également le coup et flanche de 1,2% en moyenne. Celle des industries agricoles et alimentaires recule de 0,9%, tout comme la production d'énergie, qui cède 1,1% entre novembre et décembre.Quant à la construction, considéré comme un indicateur clé de l'activité industrielle, elle accuse un recul de 2,3% sur la même période, indique l'Insee. La France n'est donc pas épargnée par la "détérioration des perspectives économiques qui atteint toute la zone euro", notent les analystes de Merrill Lynch qui observent que l'Allemagne est particulièrement affectée, avec un recul de sa production industrielle de 2,6 % en décembre."Il n'y a pas que sur le terrain géopolitique que la France et l'Allemagne se rejoignent. Sur le front de l'atonie industrielle aussi, ces deux pays font cause commune. La débâcle de la production industrielle en décembre est venue rappeler une triste réalité : l'industrie tire vers le bas la croissance économique de la France", commente Marc Touati.Jacques Chirac appelle à une "mobilisation nationale" pour l'emploiConfronté à cette dégradation de la conjoncture économique, le président de la République a appelé mercredi en Conseil des ministres à "une mobilisation nationale" pour l'emploi afin notamment de renforcer l'attractivité de la France et de faire en sorte qu'il n'y ait pas "un travail à deux vitesses". "La conjoncture économique et les difficultés que subissent nos compatriotes dont l'entreprise a fermé, parfois brutalement, justifient qu'une action forte et déterminée soit poursuivie", a déclaré le chef de l'Etat, qui réagissait ainsi aux plans sociaux de ces dernières semaines, comme Metaleurop, Daewoo et sans doute bientôt Air Lib. Selon Jacques Chirac, il faut donc que l'Etat mette en oeuvre "tous les moyens à sa disposition pour venir en aide aux travailleurs victimes de ces difficultés".

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