Déficit du commerce extérieur français en juin

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La France retrouve en juin un déficit commercial. Certes, celui-ci reste modeste. A 90 millions d'euros, il convient sans doute mieux, comme le font les Douanes dans leur communiqué, de parler d'équilibre. Il s'agit néanmoins d'une surprise: aucun économiste n'avait prévu ce premier déficit depuis juin 2002. En mai 2003, la France avait réalisé un excédent de 379 millions d'euros.Le détail des chiffres ne révèle cependant aucune surprise. Les exportations, comme les importations, se sont redressées en juin. Une reprise qui n'est pas étonnante, compte tenu du mois de mai "noir" qu'a connu l'économie française entre jours fériés et grèves à répétition. Cette double reprise reste néanmoins assez faible. D'abord, les exportations ont progressé sur un mois de 1,7% à 25,350 milliards d'euros, mais sur le trimestre, le recul est de 4,2%. La faiblesse de la demande en Allemagne, notre principal partenaire économique et, évidemment, la vigueur de l'euro, ont empêché les produits français de s'écouler facilement à l'étranger. Le chiffre de juin est d'autant plus inquiétant qu'il est gonflé par la vente de deux paquebots en Amérique centrale et de 17 Airbus (contre 14 en mai). Du côté des importations, la reprise est certes plus forte, mais peut-elle être interprétée comme une reprise de la demande intérieure ? Rien n'est moins sûr. Cette reprise ressemble en effet surtout à une reprise "technique" après la forte chute (-7,5%) du mois de mai. Et la timide reprise des importations de biens de consommation ne saurait compenser la déprime du marché industriel français. Ce chiffre du commerce extérieur n'est donc pas inquiétant en soi, mais il confirme l'état de déprime de l'économie française au cours du deuxième trimestre. Ce ralentissement des échanges devrait évidemment jouer négativement sur les chiffres de la croissance publiés demain. Et, comme le note Maryse Pogodzinski, économiste chez JP Morgan jointe par l'agence Bloomberg : "il faudra du temps pour que les exportations repartent à la hausse". Compte tenu de l'euro fort, la reprise américaine risque même de ne pas suffire.

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