Les industriels français un peu plus optimistes

A la différence des ménages, les industriels français restent optimistes. L'indice de l'enquête mensuelle de conjoncture dans l'industrie a ainsi progressé de 2 points en décembre à 102. Cette amélioration du climat des affaires est conforme aux attentes des économistes. L'indice synthétique est désormais à son niveau de mai 2001. L'Insee interprète ce regain d'optimisme comme la traduction d'une "amélioration du climat général". Et de fait, les industriels ont ressenti en décembre une nette reprise de leur activité. Pour preuve, le solde d'opinion sur la "production passée" est désormais à 0 contre -2 en novembre, ce qui signifie que les chefs d'entreprise ayant constaté une amélioration sont aussi nombreux que ceux ayant constaté une dégradation de la production. Cette amélioration est surtout patente dans l'automobile (où le solde passe de -7 à 1) et dans le domaine des biens d'équipement (où le solde passe de 11 à 17). Cette dernière évolution prouve un certain frémissement de l'investissement en France. Concernant l'avenir, le tableau montre également une amélioration, mais il est plus nuancé. Ainsi, si les industriels sont plus pessimistes en décembre concernant leurs perspectives personnelles de production, avec un solde d'opinion en recul d'un point à 7, ils deviennent très optimistes concernant les perspectives générales de production. Ainsi, alors que le solde d'opinion était négatif en novembre (-3), il devient largement positif en décembre à +8. Preuve que si les chefs d'entreprise croient à la reprise, ils sont plus hésitants concernant l'impact de ce rebond sur leur propre situation. Et c'est ici que se jouera sans doute la question de l'emploi dans les mois qui viennent : tant que les industriels n'auront pas repris entièrement confiance, ils n'embaucheront pas. Mais il est vrai que l'état des carnets de commandes reste difficile. Le solde d'opinion concernant la demande et les carnets globaux est ainsi encore largement négatif à -18 (contre -19 en novembre). Preuve que la dégradation de la demande se poursuit, même si le rythme de cette dégradation ralentit. Et si le marché extérieur se porte mieux, le solde d'opinion concernant la demande étrangère est également encore négatif à -7 contre -9. Là encore seuls l'automobile et les biens d'équipement sortent la tête de l'eau et affiche un solde positif. Reste néanmoins que l'amélioration des carnets de commandes est évident et positif. "C'est positif parce que la France semblait, jusqu'ici, à la traîne à l'économie mondiale", souligne Emmanuel Ferry, économiste chez Exane. Pour le moment, donc, la hausse de l'euro ne semble pas encore avoir joué négativement sur la demande étrangère.Pour résumer, les industriels retrouvent donc progressivement une confiance prudente. Si le climat général s'améliore, la reprise n'est pas encore ressentie de façon assez franche dans les carnets de commandes pour que l'industrie française se remettent à créer des emplois. Or, sans recul du chômage, la consommation risque de continuer à faire grise mine et la croissance à rester modérée.

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