Le moral des industriels français fléchit à nouveau

Au contraire des patrons italiens et allemands (lire ci-contre), les industriels français ne voient pas pointer la reprise. Et même si Alain Lambert, le ministre du Budget, affirme que les conditions d'un redémarrage sont remplies, le moral des chefs d'entreprises continue de se détériorer. L'enquête mensuelle de l'Insee témoigne de cette conjoncture toujours déprimée dans l'industrie: l'indicateur synthétique du climat des affaires s'inscrit en recul de 2 points en juin, à 92. Il tombe ainsi à son plus bas niveau depuis novembre 2001.Et rien dans le détail de cette enquête ne permet d'espérer un rebond rapide. Les perspectives personnelles de production sont orientées à la baisse, l'opinion sur les carnets de commandes se détériore, notamment pour la demande étrangère, et les stocks sont jugés un peu lourds. Pour Nicolas Claquin, économiste au CCF cité par l'AFP, le recul du moral des industriels provient essentiellement des commandes étrangères "qui atteignent leur plus bas niveau depuis 10 ans. La hausse de l'euro y est sans doute pour beaucoup car elle ampute la compétitivité des exportateurs mais la situation intra Zone Euro, avec une Allemagne en récession qui pèse sur la dynamique interne de l'union monétaire, joue également fortement".Même s'il convient de nuancer ce sombre tableau par le fait que les grèves survenues en mai et en juin ont sans doute affecté négativement l'opinion des industriels, il n'en demeure pas moins évident qu'aucun élément dans cette enquête ne milite en faveur d'un rebond rapide de l'investissement dans l'industrie. C'est d'autant plus préoccupant pour la croissance que la consommation des Français, dernier moteur de l'activité, montre des signes de faiblesse. Le risque de constater que le produit intérieur brut a stagné au deuxième trimestre, voire s'est contracté, grandit. Dans ce contexte, on comprend les précautions oratoires du gouvernement au moment de faire des prévisions quant à l'évolution de l'activité dans les mois qui viennent. Ce matin, Alain Lambert a estimé, lors du débat d'orientation budgétaire à l'Assemblée nationale, que la croissance pourrait ne pas atteindre 1,3% en 2003. En fin de semaine dernière, l'Insee avait pronostiqué pour l'année en cours une hausse du produit intérieur brut limitée à 0,8%.

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