Chute du PIB français au 2ème trimestre

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Sévère recul de l'activité en France au cours du deuxième trimestre. Alors que le consensus des économistes calculé par Bloomberg prévoyait une croissance zéro, l'Insee a annoncé mercredi matin une baisse de 0,3% du PIB entre avril et juin. Longtemps parmi les meilleurs élèves de la classe de la zone euro, l'Hexagone fait désormais figure de cancre. Cette croissance négative est en effet pire que celles annoncées par l'Allemagne et l'Italie (-0,1%). La précédente période de croissance négative de la France remonte au dernier trimestre 2002 (-0,1%), mais il faut remonter au dernier trimestre de 1995 pour trouver un recul trimestriel du PIB plus important (-0,4%).Une mauvaise nouvelle n'arrivant jamais seule, le chiffre du premier trimestre a été de surcroît révisé à la baisse : +0,2% contre +0,3% annoncé précédemment. Du coup, l'acquis de croissance pour 2003 n'est plus que de 0,1%. C'est dire si, même largement révisé à la baisse, l'objectif du gouvernement d'une croissance de 1,3% cette année paraît encore très ambitieux.Comment expliquer une telle chute ? L'économie française a principalement souffert du coup d'arrêt donné à la consommation des ménages. Cette dernière recule de 0,2% au deuxième trimestre. Il faut remonter à fin 1996 pour observer un tel recul de la consommation. Jusqu'ici, c'était cette consommation qui avait maintenu la croissance française à bout de bras: au premier trimestre, par exemple, elle avait crû de 0,5%. Cette période semble définitivement close: la crainte du chômage, principalement, a détourné les ménages des dépenses et les a incités à l'épargne. Comme les entreprises, elles, continuent de réduire leurs investissements (-0,6% au deuxième trimestre après une stabilité entre janvier et mars) et que, rigueur budgétaire oblige, les dépenses des administrations publiques stagnent (+0,1%, chiffre équivalent au premier trimestre), la contribution de la demande intérieure française est logiquement négative de 0,1%. Et, comme on pouvait s'y attendre après les chiffres publiés hier, la contribution du commerce extérieur à la croissance est également négative : -0,2%. Un chiffre dû en grande partie à la vigueur de l'euro et à la baisse des exportations (lire ci-contre).Reste désormais à savoir si la France a atteint un plus bas ou si elle risque de s'enfoncer dans la récession comme l'ont déjà fait ses voisins allemands, italiens ou néerlandais. Pour Bercy, ce recul est "exceptionnel", et ne saurait être "représentatif d'une tendance". Mais la tendance future dépendra en grande partie de la consommation. Or, les entreprises risquent encore d'ajuster leurs effectifs. L'emploi pourrait donc bien continuer à plomber la croissance hexagonale.Du coup, les économistes font preuve de pessimisme. Philippe Waechter, économiste chez Banques Populaires Asset Management, indique que la "baisse spectaculaire de la consommation des ménages" l'amène à revoir à la baisse sa prévision de croissance pour 2003. Il n'attend plus que +0,5%, contre +0,8% précédemment. "D'autant, ajoute-t-il, que le troisième trimestre ne sera pas nécessairement bon avec les aléas climatiques et une saison médiocre des soldes". Une vision partagée par Irina Topa, économiste à la Société Générale, qui attend "un faible second semestre".Eurostat révise à la baisse la croissance de la zone euroOn s'y attendait. Après l'annonce de la forte chute du PIB français, la possibilité d'une croissance des Douze maintenue à zéro au deuxième trimestre 2003 semblait peu probable. En milieu de matinée mercredi, Eurostat a donc fait savoir que le PIB de la zone euro a vraisemblablement reculé de 0,1% au deuxième trimestre. Actuellement, sur les cinq pays à avoir publié des chiffres pour cette période, seule la Grèce a connu une hausse (modeste) de son PIB. Eurostat précise qu'une nouvelle révision pourrait intervenir le 2 septembre, après la publication des chiffres de la croissance espagnole.

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