L'emploi des cadres sous pression

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Même s'il n'y a pas péril en la demeure - les effectifs cadres se situant en France toujours à des niveaux élevés - la morosité économique ambiante produit ses effets sur l'emploi des cadres. Sur les 12 derniers mois, le cumul des offres dites "publicisées" (offres parues dans la presse + offres confiées à l'Apec) s'est établi à 126.000, soit une baisse de 22% par rapport à la même période de l'année précédente.Ce recul exprime au niveau des entreprises l'attentisme des dirigeants vis à vis d'une conjoncture qui peine à redémarrer. Depuis deux ans, l'investissement en France est à la peine, or, comme le souligne l'Apec (Association pour l'emploi des cadres) qui publie ces chiffres, "l'évolution de l'emploi cadre est étroitement liée à celle de l'investissement". Même si certains signes apparaissent comme encourageants (redressement des marchés boursiers, accroissement de la demande internationale, niveau très accommodant des taux d'intérêt, développement au niveau européen de programmes de recherche d'envergure...), l'Apec estime que "les perspectives avancées ne permettent pas d'escompter une reprise du marché d'ici la fin de l'année 2003". Ce diagnostic s'appuie sur le baromètre du quatrième trimestre 2003 qui montre que la proportion d'entreprises prévoyant le recrutement d'au moins un cadre se situe à un niveau inférieur de 10 points à celle du quatrième trimestre 2002, à 38% contre 48%.La prudence, pour ne pas dire le pessimisme, des recruteurs et des patrons, touche diversement les différentes fonctions dans l'entreprise. L'analyse des seules offres confiées à l'Apec (70% du total) montre que la dégradation du marché des offres d'emploi cadre s'est particulièrement fait sentir dans l'informatique (-29%). Pour l'Apec, "cette forte baisse est étroitement liée à un turn-over moins important, à la raréfaction des grands projets informatiques dans les entreprises et à l'apparition de creux dans le cycle des investissements informatiques". Rappelons enfin que les deux années précédentes ont été particulièrement dynamiques, ce qui explique aussi l'ampleur de la correction. Les offres de la fonction "recherche et développement" ont elles aussi sensiblement baissé, de 12%. "Le manque de visibilité que peuvent avoir les entreprises sur le moyen et le long terme est notamment à l'origine de cette évolution négative", explique l'Apec. A l'inverse d'autres fonctions, "marketing et commercial", "production et services techniques", "finances et comptabilité" et "activités tertiaires" ont plutôt bien résisté, affichant des reculs limités allant de 2 à 5%.

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