La mobilisation marque le pas, le bac se déroule sans incident

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Si des manifestations se sont déroulées dans de nombreuses villes de France encore aujourd'hui, c'est vers Marseille que convergeaient tous les regards. La cité phocéenne accueillait les grands leaders des syndicats opposés au projet de loi sur les retraites tel qu'il est actuellement débattu à l'Assemblée nationale. 200.000 personnes, selon les syndicats, 19.000 selon la police ont ainsi défilé entre le Vieux-Port et le stade Vélodrome. Les manifestants ont ensuite entendu le secrétaire général de Force Ouvrière, Marc Blondel, maintenir " sa proposition d'appel à la grève générale" en dépit du refus des autres grandes confédérations syndicales. Pour sa part, le secrétaire général de la CGT Bernard Thibault a appelé à "amplifier la mobilisation" contre le projet de loi de réforme des retraites, estimant que "nous n'avons pas d'autre choix". Il a ensuite annoncé de "multiples actions dans toutes les villes pendant le week-end" et un "rendez-vous de mobilisation la semaine prochaine". Pour le compte des enseignants, le secrétaire général de la FSU, principale fédération de l'Education nationale, Gérard Aschieri, a assuré que les manifestants "ne lâcheront pas" face au gouvernement car "nous voulons gagner et sur l'école et sur les retraites". De fait, en fin d'après-midi, la CGT, FO, l'Unsa et le FSU ont appelé à "préparer une nouvelle journée interprofessionnelle d'actions et de grèves le jeudi 19 juin". Cette huitième journée interprofessionnelle se tiendra à "la veille d'une première réunion de négociation paritaire avec le patronat sur les retraites complémentaires" des salariés du privé (Agirc et Arrco), ont précisé les syndicats, qui s'affirment "décidés à ne pas baisser les bras". "Alors qu'aucune réponse satisfaisante n'est apportée aux différents problèmes sociaux, la priorité est de conforter l'acquis des mobilisations des dernières semaines, de les prolonger et de les généraliser", affirment-ils. Mais sur le terrain, il semble de plus en plus évident que la mobilisation retombe. C'est notamment le cas à la SNCF où de l'aveu même de la CGT, de nombreuses assemblées générales ont décidé de suspendre la grève. La direction de la compagnie des chemins de fer faisait état ce matin de 11% de grévistes contre 15,4% mercredi et 28,2% mardi. A la RATP, le trafic était quasi normal jeudi sur les lignes du métro et du RER parisiens, à l'exception de la ligne 9 et du RER B. Le taux de grévistes, lui, était inférieur à 5%, contre 8% mercredi. Pour ce qui est de la première épreuve du baccalauréat 2003, la "philo" dont on a longtemps craint qu'elle pourrait être perturbée voire annulée en raison du conflit, elle s'est dans l'ensemble plutôt bien déroulée. Le message des confédérations et fédérations enseignantes, qui avaient appelé à ne pas bloquer le déroulement de l'examen, semble avoir été entendu. Dans un communiqué, le ministère de l'Education nationale a fait savoir que tous les candidats qui devaient composer ce matin pour l'épreuve de philo avaient pu entrer dans les salles d'examen. Les retards enregistrés n'ont pas dépassé la demi-heure.Quelques incidents ont néanmoins été signalés, surtout dans le sud de la France. A Avignon, les forces de l'ordre sont intervenues pour décadenasser les grilles du lycée Mistral devant lequel environ 200 à 250 enseignants s'étaient massés vers 07h30. A Perpignan, une centaine d'enseignants grévistes ont entrepris de gêner l'accès au centre en bloquant un pont névralgique de la ville. A Toulon, ville traditionnellement embouteillée, environ 200 personnes, principalement des enseignants, ont manifesté à l'entrée Est de la ville sur l'autoroute, avec un barrage filtrant qui ne laissait passer les voitures qu'au compte-gouttes sur une seule voie. Enfin à Toulouse, plusieurs centaines de personnes ont manifesté ce matin aux abords d'un des principaux centres d'examen, le lycée Pierre de Fermat.

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