Gouvernement et syndicats se préparent à un conflit dur

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Les échéances sociales se bousculent. Après la journée de dimanche, marquée par la grande manifestation parisienne de la fonction publique, l'Education nationale procède demain mardi à une nouvelle journée d'action, ainsi, parmi bien d'autres mouvements sociaux, que les contrôleurs aériens, ce qui devrait entraîner de graves perturbations dans les vols. Mercredi, la journée sera marquée par le conseil des ministres chargé d'entériner le projet de loi de réforme des retraites. Ensuite ? Ensuite, tout est possible. A l'issue du pont de l'Ascension, tout se met en place pour un conflit dur, associant l'ensemble de la fonction publique et des transports. Comme prévu, six fédérations de cheminots (CGT, CFDT, FO, CFTC, Sud-Rail et Unsa) ont déposé aujourd'hui un préavis de grève "reconductible par période de 24 heures à partir du 2 juin 20h00". La RATP prévoit de faire de même à partir du 3 juin. Et les dirigeants syndicaux brandissent de plus en plus ouvertement la menace d'un blocage total du pays.En réponse à François Fillon qui, dimanche soir, a affirmé sur TF1 qu'il n'était pas question de renégocier, les mises en garde se sont ainsi succédées, ce lundi. Marc Blondel, secrétaire général de FO, a été, comme à son habitude, des plus directs : au gré de différentes interventions, il a exprimé le voeu suivant : "l'amplification du mouvement, sa généralisation et sa coordination". Et pour que les choses soient tout à fait claires, le leader de FO a précisé que si le gouvernement ne bouge pas sur ses positions, alors "nous sommes prêts à tenir le maximum de temps".Mise en garde similaire de la part de Bernard Thibault, secrétaire général de la CGT, qui, à l'occasion du congrès de la confédération européenne des syndicats (CES) à Prague, a affirmé que "le gouvernement est en train d'entreprendre une stratégie particulièrement dangereuse: son projet est à ce point contesté que je crains qu'il ne travaille un peu plus l'opposition entre différentes catégories de salariés du public et du privé pour tenter de s'en sortir". Or, a-t-il poursuivi, "soit il est aveugle sur la réalité de la mobilisation, soit il a décidé cette stratégie qui est assez redoutable pour des responsables politiques". Tonalité similaire, enfin, chez les enseignants. Le secrétaire général de la FSU, Gérard Aschieri, a estimé que "en refusant ce que nous demandons, c'est-à-dire des négociations qui n'ont jamais vraiment eu lieu", le gouvernement "prend la responsabilité d'un conflit et d'un blocage". Le fait est que du côté des pouvoirs publics, on semble se préparer au bras de fer. Jean-François Copé, porte-parole du gouvernement, a réaffirmé ce lundi que ce dernier n'avait "pas d'autre choix" que de mener la réforme à bien. Et de lancer à son tour une mise en garde : en cas de "blocage, les premières victimes seront les plus fragiles". Le secrétaire d'Etat a donc lancé un "appel à la responsabilité de chacun" à propos des menaces de grèves dans les transports de la semaine prochaine. La majorité gouvernementale est en tout cas en ordre de marche : Jacques Barrot, président du groupe UMP à l'Assemblée, a ainsi affirmé dans une interview à La Tribune de ce jour, que "les manifestations ne vont pas ébranler notre détermination à réformer" et que les Français "finiront par comprendre que l'effort que nous leur demandons aujourd'hui préserve l'avenir de leurs enfants et de leurs petits-enfants" (lire ci-contre). Et Renaud Donnedieu de Vabres, porte-parole de l'UMP, a embrayé lundi après-midi sur le même thème, déclarant que "il n'y a pas d'alternative et donc nous irons jusqu'au bout. Nous ne craignons pas un blocage national du pays, a-t-il ajouté, car chacun sait au fond de lui-même que cette réforme est nécessaire. Tout indique donc que le gouvernement est désormais prêt à l'affrontement. Si celui-ci se traduit, quoi qu'en dise le porte-parole de l'UMP, par un blocage du pays comme en 1995, l'équipe Raffarin semble espérer que l'opinion publique finira par se désolidariser des grévistes: ces derniers, appartenant à la fonction publique, apparaîtraient comme prêts à entraver le bon fonctionnement de l'économie pour défendre leurs intérêts catégoriels.Un pari dont la validité demeure à démontrer. Le mois de juin s'annonce agité...

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