Petit guide de la politique de l'emploi

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Facile, dira-t-on. Mais éclairant cependant sur ce maquis indéchiffrable qu'est devenue pour les entreprises et les demandeurs d'emplois l'incitation à l'embauche. L'objectif est louable. Le résultat aurait pu inspirer Courteline.Au lieu de mettre en évidence les lignes directrices de la politique de l'emploi, cette multiplication jusqu'à l'absurde des dispositifs et des sigles réserve aux seuls initiés une compréhension fine de l'évolution d'un gouvernement à l'autre.Pourtant, de Jospin à Raffarin, le changement est net. L'actuel Premier ministre s'applique à choyer les entreprises. C'est le sens de la diminution des charges patronales, de 17,1 milliards d'euros l'an prochain. C'est l'objectif du "chèque emploi petite entreprise" qui, en mariant sur un même document contrat d'embauche, contrat de travail et bulletin de salaire, symbolise la simplification administrative dont le secrétaire d'Etat aux PME Renaud Dutreil entend se faire le champion.Mais le patron des petites entreprises concernées (10 salariés au plus) aura aussi la joie de découvrir que le "chèque emploi petite entreprise" (selon la formule Raffarin) n'est autre qu'un "titre emploi simplifié entreprises permanent" (selon la formule Dutreil). Ce "Tese permanent" ne doit surtout pas être confondu avec le "Tese occasionnel" applicable à toutes les entreprises sans restriction de taille pour les contrats temporaires d'un maximum de 100 jours par an...Surprise : le patronat français boude la nouvelle trouvaille de nos technocrates, pourtant clairement en très grande forme. Le Medef, l'UPA et la CGPME ont même pris la plume dès hier pour protester très officiellement contre les dangers que font courir les "Tese" aux... administrations gestionnaires de la protection sociale. "Nous considérons en effet que la légitime autonomie des régimes conventionnels de protection sociale (Unedic, Arrco, Agirc) nécessite qu'ils aient la maîtrise directe de leurs ressources," peut-on lire sous leur plume. Or, selon eux, cette autonomie sera perdue si l'entreprise recourant aux "Tese" fait office de collecteur unique.Résumons donc à nouveau : en créant de nouvelles formalités, l'Etat veut aider les entreprises. Mais les entreprises souhaitent maintenir les anciennes et plus lourdes formalités au nom de la défense des organismes administratifs qui les gèrent.Imagine-t-on un tel débat ailleurs qu'en France ?

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