L'Allemagne s'attaque à la réduction de son déficit public

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Le programme de réformes annoncé aujourd'hui par le chancelier Schröder au Bundestag, mais qui déjà largement filtré cette semaine, a été salué par Bruxelles. Pedro Solbes, commissaire européen des Affaires économiques, a qualifié de "clairement positives" les réformes présentées par le gouvernement allemand, et qui visent à réduire le déficit public en procédant à des coupes sombres dans la protection sociale. L'Allemagne est en effet régulièrement pointée du doigt par Bruxelles pour dérapage budgétaire. L'Union européenne a même lancé une procédure pour obliger Berlin à ramener son déficit public dans la limite des 3% du PIB, prescrite par le Pacte de stabilité européen, contre 3,6% en 2002. D'où la potion amère concoctée par Gehrard Schröder (lire ci-contre). Si le chancelier allemand a indiqué que l'Etat allait injecter 15 milliards d'euros dans les communes et dans le bâtiment, il a également annoncé de douloureuses mesures sociales. La durée de bénéfice de l'assurance-chômage passera de 32 à 18 mois pour les chômeurs longue durée qui se contenteront ensuite d'une aide sociale. Une mesure qui dégagerait, selon les experts, entre un et trois milliards d'euros par an d'économies pour les caisses d'assurance chômage alors que 4,7 millions d'Allemands ont pointé au chômage en février. Surtout, le chancelier a annoncé une réforme d'envergure du système public de santé. Estimant que les 350 caisses publiques d'assurance maladie actuelle "ne pourront pas survivre", Gerhard Schröder souhaite "encourager chaque caisse à conclure des accords séparés avec les médecins" en mettant un terme au monopole des unions des caisses régionales. En outre, les cotisations de l'assurance maladie seront ramenées en dessous de 13% du salaire brut, contre en moyenne 14,3% actuellement. L'indemnisation en cas de longue maladie ne sera plus prise en charge par le système public. "Les patients devront s'assurer dans le privé", a notamment annoncé Gerhard Schröder, qui espère ainsi résorber le vaste déficit des caisses publiques d'assurance-maladie en Allemagne. Il s'est élevé en 2002 à 2,5 milliards d'euros, soit nettement plus que prévu par les autorités, et selon l'OCDE.Si Bruxelles applaudit, en revanche les syndicats allemands protestent déjà contre les mesures prévues. Une allocation chômage réduite au niveau de l'aide sociale est "profondément injuste" déplore Hermann-Josef Arentz, de l'aile syndicale de l'opposition chétienne-démocrate (CDU/CSU). Pour Gehrard Schröder, convaincre les syndicats et l'opostion du bien-fondé de son plan ne sera pas une tâche aisée.

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