Nouvelle dégradation en vue du déficit public allemand

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Au moment où le gouvernement français incline de plus en plus à laisser filer le déficit budgétaire pour soutenir l'activité, au risque de susciter l'ire de ses partenaires européens, les nouvelles venues aujourd'hui d'Allemagne ne peuvent que le réconforter. Car si la France ne respecte plus les critères du Pacte de stabilité, elle a du moins la consolation de voir la première économie de la zone euro s'enfoncer dans les mêmes difficultés.L'Allemagne a en effet annoncé ce matin un fort relèvement de ses perspectives de déficit et d'endettement. Le ministère des Finances de Berlin a porté sa prévision de déficit public pour 2003 de 3,5 à 3,8% du PIB. Autrement dit, non seulement elle va dépasser la barre des 3% prévue par le Pacte de stabilité et de croissance pour la deuxième année consécutive, mais encore son dérapage va s'accentuer: l'année dernière, le déficit avait représenté 3,5% du PIB.Tout aussi grave, l'Allemagne va également voir se détériorer le montant de sa dette publique. Alors que le niveau de cette dette ne doit pas, selon le Pacte, dépasser les 60% du PIB, le pays devrait passer de 60,8% l'année dernière à 63% cette année. Là encore, l'Allemagne va donc enfreindre la règle deux années de suite, en aggravant son infraction.Selon le gouvernement allemand, cette détérioration des finances publiques s'explique par "une évolution macro-économique toujours atone qui se répercute tout particulièrement sur le marché du travail". Ces nouvelles prévisions prennent en compte l'évolution des rentrées fiscales au cours des derniers mois qui "sont certes sous leur niveau de l'an dernier mais qui sont de nouveau nettement plus positives", précise cependant le communiqué. Berlin, qui est sous le coup d'une procédure lancée par Bruxelles pour déficit excessif, continue malgré tout à affirmer vouloir ramener le déficit public sous le seuil des 3% l'an prochain. Un engagement qui suscite un certain scepticisme chez les économistes, tant la croissance allemande demeure anémique. En outre, le gouvernement de Gerhard Schroeder continue à prévoir d'importantes baisses d'impôts l'année prochaine.Il est vrai que la Commission européenne, pour sa part, semble attacher encore quelque crédibilité aux engagements du gouvernement allemand. Vendredi matin, un de ses porte-parole a estimé que la croissance allemande pourrait atteindre 2% en 2004 et que, en conséquence, il était possible que Berlin puisse ramener son déficit à 3% du PIB l'année prochaine. Pour le gouvernement français, la détérioration de la situation financière de l'Allemagne a au moins un mérite: la France ne se trouve pas seule dans son cas. Mais il se pourrait bien que Paris bénéficie de moins d'indulgence de la part des autorités bruxelloises que Berlin. En déplacement au siège de la Commission, mercredi dernier, Jean-Pierre Raffarin a clairement indiqué que sa priorité était au rétablissement de la croissance de l'économie française, la réduction des déficits venant dans un deuxième temps. Dans cette perspective, le retour du déficit français sous la barre des 3% pourrait être remis à 2006 au mieux. Une attitude qui contraste avec la bonne volonté affichée par les Allemands, qui continuent donc à affirmer vouloir rentrer dans les clous dès 2004.L'inflation de la zone euro au-dessus des 2%L'inflation annuelle dans la zone euro s'est accélérée au mois d'août, s'établissant à 2,1% contre 1,9% en juillet, selon l'estimation provisoire de l'Office européen des statistiques Eurostat publiée vendredi. Le taux d'inflation repasse donc au-dessus du plafond de 2% fixé par la Banque centrale européenne. Cette estimation est basée sur les taux d'inflation disponibles de trois pays de la zone, l'Allemagne, la Belgique et l'Italie, ainsi que sur l'évolution des prix du pétrole. Ce léger regain de tension sur les prix pourrait éloigner la perspective d'une baisse par la BCE de son taux directeur lors de la prochaine réunion de son Conseil des gouverneurs le 4 septembre.

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