L'Allemagne crève le plafond des 3% de déficit en 2002

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L'Allemagne a bien pulvérisé en 2002 le plafond des 3% de déficit public prévu dans le Pacte de stabilité de la zone euro, mais légèrement moins qu'on ne le craignait: son déficit s'est en effet élevé l'année dernière à 3,7% de son produit intérieur brut (PIB), alors qu'un chiffre de 3,8% était largement attendu.Le chiffre publié ce matin par l'Office fédéral des statistiques confirme donc que l'Allemagne est complètement hors des clous du Pacte de stabilité. Une situation qui lui vaut d'être l'objet d'une procédure pour "déficit excessif", déclenchée par la Commission européenne. La situation des finances publiques allemandes reflète un sérieux dérapage d'une année sur l'autre. En 2001, son déficit public s'était élevé à 2,8% du PIB. Mais l'année écoulée a été marquée par une quasi stagnation de l'activité économique. Selon un autre chiffre publié jeudi matin par l'Office des statistiques, la croissance allemande s'est établie l'année dernière au niveau symbolique de 0,2%, contre 0,6% en 2001. Nettement inférieur aux prévisions du gouvernement qui espérait 0,5%, ce chiffre est le plus faible enregistré par l'Allemagne depuis 1993. Il fait de la première économie de la zone euro celle qui a réalisé en 2002 la plus mauvaise performance de l'Union européenne. Le gouvernement allemand est donc plus que jamais coincé entre deux exigences contradictoires: la réduction de ses déficits, indispensable dans le cadre des acords européens, supposerait des mesures de hausses d'impôts et d'austérité budgétaires, susceptibles d'aggraver la déprime qui affecte l'activité.Berlin est soumis à une très forte pression de la part de la Commission européenne, qui lui demande d'agir énergiquement pour réduire son déficit. Bruxelles voudrait imposer un calendrier à l'Allemagne, lui donnant jusqu'au 21 mai 2003 pour prendre les décisions adéquates. Les recommandations de la Commission en la matière seront soumises le 21 janvier à l'approbation des ministres européens des Finances. Le gouvernement allemand a certes reconnu la nécessité de mettre en place "des mesures nécessaires et probablement douloureuses dans de nombreux domaines". Mais alors qu'il a déjà procédé à des relèvements d'impôts, il ne peut aller beaucoup plus loin dans cette direction sans risquer de déprimer encore un peu plus l'activité économique. Or, sur ce front, les dernières indications ne sont pas encourageantes. En 2002, la très faible croissance du pays n'a été due qu'à ses exportations (en hausse de 2,9% par rapport à 2001). Abstraction faite de ces dernières, "le pays aurait vu son PIB se contracter de 1,3%", a souligné jeudi le président de l'Office des statistiques. Car tout le reste s'est montré déprimé: la consommation des ménages a reculé de 0,5% sur l'année et l'investissement des entreprises, des ménages et des administrations a chuté de 8,4%. Dans ces conditions, le chômage ne cesse de se s'aggraver: en décembre, le nombre de chômeurs a progressé de 28.000 (en données corrigées des variations saisonnières), portant le chiffre des sans-emploi à 4,197 millions, soit un taux de chômage de 10,1%.Et aucune lueur d'espoir n'apparaît à l'horizon. Cette dégradation de l'emploi ne peut que peser encore un peu plus sur la consommation. Les mesures d'austérité budgétaire adoptées par le gouvernement pour tenter d'enrayer la dégradation du déficit vont affecter l'investissement. Quant aux exportations, qui ont tiré l'économie l'année dernière, elles vont être handicapées par la remontée récente de l'euro face au dollar...

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