Forte hausse de la productivité aux Etats-Unis

L'économie américaine est de plus en plus productive. Au deuxième trimestre 2003, la productivité non-agricole a progressé de 5,7% outre-Atlantique. Un résultat qui est largement supérieur aux attentes des analystes. Le consensus calculé par Bloomberg ne dépassait pas ainsi 4,1%. Au premier trimestre, la productivité ne s'était amélioré que de 1,9%. Cette accélération de la productivité américaine, si elle surprend par son ampleur, était attendue. Le deuxième trimestre a en effet été marqué par une croissance plus importante que prévue (2,5%) et par une rapide dégradation de l'emploi. Deux éléments qui logiquement ont contribué à cette hausse de la productivité. Les entreprises américaines produisent donc plus avec moins de main d'oeuvre. Il s'agit évidemment d'un élément positif qui devrait améliorer leurs comptes et favoriser la reprise de l'investissement qu'on observe déjà par ailleurs depuis deux mois. Une meilleure productivité est donc un gage donné à la croissance future. Comme le note Stephen Granley, économiste chez RBS Greenwich, interrogé par Bloomberg, "une productivité qui s'accroît est une bonne nouvelle à long-terme pour tout le monde". D'autant que le coût unitaire du travail recule également plus fortement qu'attendu. Au deuxième trimestre, il a reculé de 2,1%, effaçant ainsi la hausse de 2% du premier trimestre. En moyenne, les économistes ne s'attendaient pas à une baisse supérieure à 1%. Là encore, c'est une bonne nouvelle pour les entreprises qui vont pouvoir produire à un coût moins élevé. Ces chiffres ont d'ailleurs été bien accueillis par la plupart des économistes. Sauf que cette productivité de plus en plus soutenue met la barre très haut pour l'économie américaine. Car plus la productivité est importante, plus la croissance doit être élevée pour créer des emplois. Or la reprise américaine, si elle tend à se confirmer, pourrait encore se révéler insuffisante pour relancer l'emploi. Le nombre d'heures travaillées a d'ailleurs connu son plus fort recul depuis les trois premiers mois de 2002 avec une baisse de 2,2%. Du coup, certains économistes s'inquiètent. "Ce chiffre de la productivité est trop fort", souligne ainsi Cary Leahey, économiste chez Deutsche Bank, interrogé par Reuters. Et de justifier : "il suggère en effet qu'on n'a pas besoin d'embaucher si la croissance reste à 3%". Autrement dit, l'emploi n'est pas encore sur le point de repartir. Se dirige-t-on alors vers une croissance américaine sans emploi ? Et surtout, cette croissance, privée d'une forte consommation, sera-t-elle tenable ?

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