Chrysler rechute, DaimlerChrysler est sanctionné

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Chrysler redevient le cauchemar de sa maison-mère. Mercredi matin, le groupe germano-américain DaimlerChrysler a ainsi annoncé que la firme de Detroit accuserait au deuxième trimestre une perte d'exploitation "aux alentours" d'un milliard d'euros. Mais le président de Chrysler Dieter Zetsche a toutefois émis "l'espoir" que la société afficherait sur l'ensemble de 2003 "un résultat opérationnel légèrement positif". Auparavant, l'objectif était de 2 milliards de dollars. De plus, Daimler-Chrysler a affirmé pouvoir maintenir un résultat opérationnel positif de 5,86 milliards d'euros sur 2003, conformément aux objectifs déjà présentés. La raison de cette dégradation, qui met fin à quatre trimestres consécutifs de bénéfice opérationnel pour Chrysler, tient d'abord à la guerre des prix sauvage que se livrent outre-Atlantique les trois grandes firmes historiques américaines. Pour soutenir une consommation vacillante, les constructeurs proposent ainsi des rabais importants et des financements avantageux. Une politique qui a pour conséquences de rogner les marges, de dévaluer la valeur des stocks et, pour Chrysler, d'annuler les effets bénéfiques de la restructuration sévère engagée par Dieter Zetsche. Le tout sans prouver son efficacité en termes de parts de marché. Ainsi, la marque de Detroit a accusé en mai un recul de 3,3% de ses ventes, portant la baisse des immatriculations sur un an à 6,3%. Une performance qui est bien en deçà de celles de ses principaux concurrents, GM (+4,1% en mai et -5,9% sur un an) ou Ford (-4,3% en mai et -2,6% sur un an). Il est vrai que Chrysler a connu des difficultés dans ses campagnes marketing, qui ont été des échecs patents.Du coup, le marché comprend mal l'optimisme de DaimlerChrysler et le maintien de ses objectifs. "A court terme, le news-flow risque d'être négatif", indique-t-on ainsi chez Wargny. Chez WestLB Panmure, on précise que "les problèmes de Chrysler sont liés aux difficultés spécifiques du marché américain et ne seront pas réglés rapidement". Après l'annonce, les opérateurs se sont donc déchaînés. CSFB a ainsi annoncé dans la matinée réduire son objectif de cours de 50 à 40 euros, tout en gardant une recommandation à "surperformer", compte tenu de la faible valorisation du titre (qui intégre 6,9 fois seulement les résultats 2004). Un mouvement suivi par deux autres banques. Smith Barney est passé de "performance de marché" à "sous-performance" sur la valeur, tandis que HVB affiche à présent une recommandation de vente au lieu d'une opinion "neutre" auparavant.Mais le coup de tonerre est venu de S&P qui a revu la perspective long terme du groupe automobile à "négatif" contre "stable" auparavant. Une décision qui pourrait, précise S&P, être le prélude à une dégradation de la note du groupe (BBB+) dans "quelques trimestres". La conséquence ne s'est pas fait attendre puisque dès ce matin, le groupe de Stuttgart annonçait qu'il ne procéderait pas, comme prévu, à la vente de 2,5 milliards d'euros de bons obligataires. Evidemment, à Francfort, le titre est très chahuté et perdait en fin d'après-midi 1,98% à 26,22 euros, après avoir abandonné jusqu'à 6,1%. A New York, l'action reculait au même moment de 3,19% à 30,64 euros.

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