La poutre dans l'oeil

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L'affaire Executive Life va coûter cher aux Français, la cause est désormais entendue. Mais, au fond, ce dont on accable les acteurs français de ce dossier est-il si grave? Sauver une compagnie d'assurance en faillite, au besoin en s'accommodant d'une législation américaine particulièrement complexe, vaut-il plus de 500 millions de dollars? La pilule est d'autant plus amère à avaler que les négociateurs du CDR et du Crédit Lyonnais, dans leurs déplacements aux Etats-Unis, tombent à chaque fois sur de nouveaux scandales impliquant des institutions financières américaines. On se rappelle les déboires d'Enron et du rôle que certaines banques d'affaires très prestigieuses ont joué dans le "camouflage" des comptes du groupe texan. A peine révélée, cette affaire était éclipsée dans l'actualité par la révélation des turpitudes des mêmes banques (plus quelques autres) en matière d'introductions en Bourse. La confusion des genres, le manque de déontologie des analystes, pour ne citer que les principaux griefs, ont eu les conséquences que l'on sait sur la confiance des investisseurs et des ménages dans les marchés boursiers. La barque est déjà bien chargée, mais il ne faut pourtant pas passer sous silence les derniers rebondissements touchant la gestion des "mutual funds", l'équivalent de nos OPCVM, et les enquêtes ouvertes pour faire la lumière sur le rôle de Citigroup et Morgan Stanley dans la déconfiture de l'agence hypothécaire Freddie Mac. Le tout en moins de deux ans! Si l'on voulait être cynique, peut-être s'autoriserait-on à avancer que même le Crédit Lyonnais à l'époque de sa gestion aventureuse n'aurait pas fait mieux...Quelques procureurs courageux, notamment celui de New York, ont décidé de s'attaquer à ces dossiers et tentent de moraliser les comportements des institutions financières américaines. Lesquelles jurent bien sûr à chaque fois que ces défaillances sont bien malheureuses et que les réformes mises en oeuvre éviteront à l'avenir de tels dérapages. Et comment ne pas croire en leur sincérité (tout au moins jusqu'aux prochaines révélations)? La morale de cette histoire, quelque peu édifiante, reste que si les institutions financières américaines ne sont pas irréprochables, au moins savent-elles négocier avec la justice de leur pays. Faute avouée (et amende payée) est à moitié pardonnée. Une riche leçon à retenir par celles et ceux qui se retrouveraient un jour pris, outre-Atlantique, dans les filets de la justice.

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