L'emploi, parent pauvre du secteur des télécoms

La France n'est pas un cas à part. Elle est même emblématique de ce qui se passe ailleurs en Europe. Cinq ans après l'ouverture à la concurrence et la déréglementation, l'industrie française des télécommunications affiche un solde négatif en termes de création d'emplois. Certes, ce n'est pas le seul secteur de l'économie touchée par la crise, mais cette observation sur une période relativement longue jette une lumière crue sur les vertus supposées de la libéralisation. L'une des idées maîtresses des partisans de la libéralisation était que l'appel d'air de la concurrence allait développer de nouvelles activités et de nouvelles entreprises et donc de nouveaux emplois. Cinq ans après, il est indéniable que de nouvelles activités ont été créées et que de nouvelles entreprises ont vu le jour. Mais il n'en est pas moins vrai que nombre d'entre elles n'ont pas survécu à la réalité du terrain industriel. Leurs défaillances, ajoutées à la pression qu'elles ont tout de même exercé sur les acteurs déjà installés, ont durement affecté l'emploi. Pour la France, les chiffres rendus publics hier par l'Autorité de régulation des télécommunications montrent que pour les seuls opérateurs, les effectifs n'ont en fait jamais cessé de baisser depuis 1998. Ils sont ainsi passés de 156.000 à 146.000 à la fin de 2002. Toutes les études ne montrent pas cette détérioration continue, mais toutes s'accordent sur le fait que cette année, le niveau d'emploi chez les opérateurs devrait retrouver son niveau de 1997. Il paraît dès lors évident que le dynamisme du secteur des mobiles, dont l'essor a d'ailleurs précédé la libéralisation de 1998, n'a pas suffi à compenser le déclin enregistré par les activités de téléphonie fixe et les économies réalisées en main d'oeuvre sur les personnels de maintenance des réseaux. Il en est de même pour Internet qui, après l'euphorie de la bulle spéculative, a également beaucoup perdu de ses nouveaux emplois créés. Enfin, il ne fait aucun doute que les nouveaux entrants n'ont pas créé autant d'emplois que France Télécom n'en détruisait dans ses métiers historiques. Certains, fatalistes, ne verront là que la réalité d'un secteur industriel qui arrive à maturité et qui gagne en productivité. D'autres pourront cependant relever - et non sans raison - que les erreurs d'appréciation et la spéculation à outrance se sont payées cash en termes d'emplois et ont disqualifié les promesses initiales.

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