A bas la croissance ?

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La rentabilité ne peut être améliorée à l'infini, mais il n'y a pas de limite à la croissance. Tel était le credo des prophètes d'Internet et des nouvelles technologies pendant la bulle. L'éclatement de celle-ci a révélé que cette croyance était fausse, que les besoins ne font pas la conjoncture, même dans la high-tech. On n'avait pas pour autant enterré la croissance, la "top line" dans le jargon des analystes par référence à la première ligne du compte de résultat qui correspond au chiffre d'affaires, celle qui fait tourner la machine. Et un groupe comme Alcatel sait que le report sans cesse renouvelé de la reprise de l'activité pourrait signer son arrêt de mort. Mais c'est un autre ténor de la cote parisienne qui a décrété la fin du chiffre pour le chiffre, l'ex-valeur défensive qui s'était auto-promue valeur de croissance, Suez. Après avoir vendu pendant des années au marché son modèle de développement fondé sur l'expansion à tout crin à l'international et la course aux contrats les plus exotiques dans les pays émergents dont le potentiel était supposé faire rêver les investisseurs, le groupe de services collectifs fait marche arrière toute et se met au régime sec, se préparant à des années de disette.On se serre la ceinture et on fait le deuil de la croissance, sans fleurs ni couronnes. Après un an de calvaire boursier, Gérard Mestrallet s'est résolu à entendre le message que lui hurlaient les marchés : Cash ! Cash ! Cash ! C'est-à-dire diminuer au plus vite sa dette, lever le pied sur les investissements qu'il ne peut financer sans emprunt, n'accepter que les contrats qui génèrent rapidement du résultat et aligner un coquet dividende, même s'il est en perte. La croissance est morte, vive le "retour" (ou return pour les anglo-saxons) : la rentabilité, le rendement, le retour sur capitaux employés... Le retour à la raison ? A voir. Vouée aux gémonies, la croissance serait-elle devenue un gros mot, sacrifiée au nouveau dieu "cash-flow" ? Chacun sait que ce dernier sera à son tour brûlé au profit d'une nouvelle idole dans quelques mois. Alors que faire lorsque la croissance reviendra à la mode, que les investisseurs s'ennuieront devant des plans de réduction de coûts aux effets chaque fois plus limités ? Changer encore de stratégie au gré des lubies du marché ? Une approche de court terme passablement paradoxale pour un groupe habitué aux contrats de longue durée. A moins qu'il ne s'agisse d'un aveu d'échec masqué sous couvert de la pression des marchés...

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