Faible activité dans la zone euro cette année

Jeudi dernier, en annonçant une réduction de 50 points de base du loyer de l'argent, le président de la Banque centrale européenne (BCE) avait annoncé que les prévisions de croissance de la zone euro allaient être révisées en baisse. C'est chose faite depuis ce matin et la BCE n'y est pas allée de main morte. Selon les gardiens de l'euro, la progression du produit intérieur brut (PIB) des Douze devrait être comprise entre 0,4% et 1% cette année. En décembre dernier, la BCE tablait encore sur une croissance 2003 variant entre 1,1% et 2,1%. Longtemps espérée, la reprise de l'activité n'est donc pas au rendez-vous. La fin de la guerre en Irak n'a pas levé les hypothèques qui pèsent sur la croissance. Les difficultés de l'Allemagne, dont la croissance pourrait n'être que de 0,2% cette année selon la Bundesbank, la faiblesse de la reprise aux Etats-Unis, les effets de l'épidémie de pneumonie atypique et la hausse de l'euro sont autant de facteurs qui limitent la croissance des Douze.En baissant son principal taux d'intérêt d'un demi-point, à 2%, la BCE a donc voulu stimuler l'activité mais elle n'attend pas de miracles de son action. Pour 2004, l'institut francfortois a également revu en baisse ses prévisions de croissance, les ramenant entre 1,1 et 2,1% au lieu de 1,9 à 2,9% initialement. Cette faiblesse persistante de l'activité, qui semble se conjuguer avec une certaine désinflation, pourrait pousser la BCE à baisser encore un peu plus le loyer de l'argent. Cependant Wim Duisenberg, le président de la BCE, s'est employé ce matin lors d'un entretien à Bloomberg TV en Allemagne, à calmer les espoirs d'assouplissement rapide de la politique monétaire. "Il est trop tôt pour parler déjà de nouveaux gestes", a indiqué le Néerlandais, qui a fait valoir que la BCE avait "abaissé les taux à un niveau historique".L'industrie française en panneEn avril et pour le deuxième mois consécutif, la production industrielle en France s'est inscrite en baisse (-0,8% par rapport à mars). Ce nouveau recul, plus important que ne l'avaient pronostiqué les économistes, s'explique en partie par une nouvelle baisse enregistrée dans le secteur énergétique (-3,4% après -5,3% le mois précédent), mais pas seulement : hors énergie et industries agroalimentaires, la production manufacturière est repartie à la baisse en avril (-0,3%), après avoir augmenté de 0,7% en mars. Si le freinage des activités industrielles en avril traduit les incertitudes des chefs d'entreprises en raison du conflit irakien, les dernières enquêtes d'opinion ne montrent cependant pas de tendance à la reprise et le deuxième trimestre devrait rester encore très terne dans l'industrie.

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