Prix en baisse, confiance en hausse aux Etats-Unis

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Les consommateurs américains retrouveraient-ils l'optimisme ? Le chiffre préliminaire de l'indice de confiance des consommateurs de l'université du Michigan a en effet gagné 7,2 points en un mois, à 93,1. Un chiffre réellement surprenant qui dépasse les meilleures anticipations des économistes qui prévoyaient en moyenne un indice à 87. Il faut dire que cette reprise de confiance, si elle se confirmait (il ne s'agit que d'un chiffre préliminaire), irait à rebours de l'ensemble des données économiques actuelles qui sont plutôt ternes. Les consommateurs ne s'y trompent d'ailleurs pas puisque leur sentiment sur la situation actuelle de l'économie continue de chuter à 94,1 contre 96,4 en avril. En revanche, ils deviennent très positifs lorsqu'il s'agit de l'avenir. L'indice des attentes a gagné 13,4 points à 92,7. Ce bon indice ne se traduira donc pas forcément par une reprise rapide de la consommation. Il est peut-être dû, tout simplement, à l'affaiblissement de la menace terroriste et à la fin de la guerre en Irak. Cité par Reuters, Doug Porter, économiste chez BMO à Toronto, relève ainsi que la même reprise de la consommation avait pu être constatée en 1991 après la guerre du Golfe. Les marchés ne s'y sont d'ailleurs pas trompés et s'ils sont partis à la hausse après l'annonce du chiffre, ils sont aussitôt retombés. Mais il est vrai qu'un peu plus tôt dans la journée, les chiffres de l'inflation avait inquiété. Car si, comme en Europe (lire ci-contre), il n'existe plus de danger d'inflation de l'autre côté de l'Atlantique, le spectre de la déflation menace de plus en plus. En avril, selon le Département du Travail, les prix américains ont reculé de 0,3% sur un mois et de 2,2% en rythme annuel. Une baisse qui est plus forte que celle attendue par le consensus Reuters, qui prévoyait un recul de 0,1 %. Il s'agit de la plus forte baisse des prix depuis octobre 2001.Evidemment, et là aussi comme en Europe, la baisse du prix de l'énergie, liée au recul du prix du baril et à des températures plus clémentes, a fortement participé à ce recul de l'inflation. Les produits énergétiques ont ainsi vu leurs prix reculer de 4,6% sur un mois, tandis que le prix de l'essence chutait de 8,6% sur la même période. Néanmoins, sur un an, les prix énergétiques restent en hausse de 13%.Il n'en reste pas moins que les prix hors énergie sont peu vigoureux. Le "core-CPI" (l'inflation hors alimentation et énergie) est resté inchangé pour le deuxième mois consécutif. Sur un an, la hausse n'est que de 1,5%, soit le plus faible rythme depuis mars 1966. Et il s'agit là d'une vraie mauvaise surprise pour les économistes, qui attendaient en moyenne une hausse de 0,2 % du core-CPI. Certes, les Etats-Unis ne sont pas encore réellement en déflation, mais, comme le note Paul Cherney, de S&P, cité par Reuters, "voila qui renforce les inquiétudes sur la déflation". Pour preuve, la faible demande continue à faire baisser les prix dans l'industrie. Ainsi, le prix des automobiles a reculé de 0,4% en avril après une hausse de 0,3% en mars. Sur un an, la chute est de 1,5%. Les appareils électriques et électroniques subissent eux un recul de leurs prix de 0,6%, soit 3,8% sur un an. Tout se passe comme si seuls les services parvenaient à maintenir les Etats-Unis hors de la déflation avec une hausse des prix de 3,2% sur un an. Mais fait inquiétant, cette hausse s'est considérablement ralentie en avril, à 0,1% contre 0,4% en mars. Du coup, "la question est de savoir si ce danger de déflation va provoquer un nouveau mouvement de baisse des taux de la part de la Fed", relève Lara Rahme, économiste chez Brown Brothers Harriman, citée par Reuters.

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