Les marchés hésitants après le déclenchement de la guerre

La séance boursière à Wall Street a débuté par deux minutes de silence. Il s'agissait pour les opérateurs de rendre hommage aux troupes américaines engagées dans la guerre contre l'Irak. Après ces moments de recueillement, les cotations se sont déroulées normalement et les indices ont viré immédiatement au rouge. Le Dow Jones et le Nasdaq se sont ensuite repris pour faire de timides incursions en territoire positif. Cependant, un peu avant 19 heures, ils se repliaient légèrement de 0,12% et 0,04%. Ces changements de tendance témoignent de l'expectative dans laquelle se trouvent les marchés en cette première journée de guerre. En Europe, la journée a également été marquée du sceau de l'hésitation. Alors que les interrogations sur la durée du conflit se font jour, les investisseurs sont apparus quelque peu déboussolés. L'Euro Stoxx 50, qui reflète l'évolution des cours des 50 plus grandes entreprises européennes, perdait 1,39% vers 19 heures. A Paris, le CAC 40 terminait la séance sur une baisse de 1,51%. En Asie, les marchés d'actions avaient terminé sur une note positive: à Tokyo, l'indice Nikkei a gagné 1,79%, la Bourse de Séoul a bondi de 4,92% et celle de Taiwan a pris 1,86%. Sur le marché des changes, l'euro, malgé quelques signes de faiblesse, demeure au-dessus du seuil de 1,06 dollar. Vers 19 heures, la monnaie européenne valait 1,0607 dollar, profitant de déclarations en provenance de la Banque centrale européenne (BCE). L'institution de Francfort a rappelé qu'elle était "prête à agir en cas de nécessité" en fonction de l'impact économique et financier éventuel du déclenchement des hostilités en Irak, a indiqué jeudi son conseil des gouverneurs. "Les marchés de capitaux peuvent compter sur un approvisionnement suffisant en liquidités, même dans des circonstances exceptionnelles, comme ce fut le cas dans le passé", souligne le communiqué de la BCE. Les gardiens de l'euro font référence à ce qui s'était produit juste après les attentats du 11 septembre 2001 aux Etats-Unis. A l'époque, l'institut monétaire avait procédé à une injection exceptionnelle de plusieurs dizaines de milliards d'euros de liquidités dans le circuit bancaire pour assurer la stabilité du système financier. Mais à ce stade, la BCE refuse de céder à la panique. "L'incidence de ce conflit militaire sur l'économie mondiale peut varier considérablement en fonction de son étendue et de sa durée. Par conséquent, il est impossible, à ce stade, d'évaluer avec précision ses répercussions à court et à moyen terme sur la zone euro", soulignent ses dirigeants. La Banque du Japon (BoJ) a pris quant à elle les devants. Dès les premières frappes contre l'Irak, elle a décidé d'injecter mille milliards de yens, soit 7,9 milliards d'euros, dans le système financier japonais pour assurer sa stabilité. Outre les marchés d'actions, les observateurs surveillent aussi l'évolution des prix de l'or noir. Orientés à la baisse une grande partie de la journée, les cours ont commencé à rebondir en milieu d'après-midi sur des rumeurs relayées par les télévisions américaines. CNN et CNBC ont en effet indiqué que des puits de pétrole avaient été incendiés dans la partie de l'Irak qui jouxte le Koweit. Interrogé sur ce sujet, le secrétaire à la Défense, Donald Rumsfeld, est resté prudent tout en déclarant que "les Irakiens pourraient avoir mis le feu à trois ou quatre puits de pétrole". Il n'a pas précisé où se trouvaient ces puits. Mais ce rebond n'a été que de courte durée. Vers 19 heures, le cours de baril de Brent de mer du Nord cédait 3 cents par rapport au cours de clôture de mercredi soir et valait 26,72 dollars. Ce matin, le président de l'Opep, le Qatarien Abdullah bin Hamad al-Attiyah, a réaffirmé que l'Organisation était prête à combler toute éventuelle pénurie de pétrole sur les marchés mondiaux.

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