L'euro enchaîne les records historiques

Il était 6h30, heure de Paris, lorsque l'euro a atteint son plus haut historique face au billet vert, à 1,1914 dollar. Le précédent record datait du jour d'introduction de la monnaie unique sur les marchés internationaux, le 4 janvier 1999, à 1,1890 dollar. L'euro a par ailleurs battu un record face au yen japonais à 138,80 yens pour un euro. Le précédent plus haut face au yen avait été atteint vendredi dernier. Enfin, la monnaie unique a atteint un niveau jamais vu depuis deux ans face au franc suisse à 1,5260 francs pour un euro. Cette vigueur est cependant retombée rapidement puisque vers 7h30, il ne fallait plus que 1,1838 dollar pour obtenir un euro. La monnaie unique a ensuite réalisé toute la journée un parcours en dents de scie, battant deux fois de nouveaux records. Le dernier, vers 16 heures, s'est établi à 1,1933 dollar pour un euro, avant que l'euro n'amorce une glissade, pour retomber, deux heures plus tard, vers 1,1864 dollar..Le passage du seuil psychologique du record absolu face au dollar était attendu depuis plusieurs jours. La pièce bicolore ne cessait en effet de grimper depuis deux semaines. Le 15 mai, l'euro se traitait aux alentours de 1,14 dollar. Par ailleurs, le bon chiffre de l'Ifo hier a soutenu toute la journée la devise européenne. Mais le déclencheur a été les déclarations de plusieurs responsables européens, qui ont montré une certaine indolence face à la montée de la devise européenne. Hier soir, ainsi, le vice-président de la Banque centrale européenne, Lucas Papademos, s'est même dit satisfait du cours actuel de l'euro, jugeant qu'il reflétait "mieux les fondamentaux économiques". Une opinion partagée par un autre membre du directoire de la BCE, Otmar Issing, pour qui l'euro "revient à des niveaux normaux". Enfin, le gouverneur de la Bundesbank, Ernst Welteke, a estimé que la montée de l'euro était "neutre en termes de compétitivité". Il n'en fallait pas moins pour que les traders interprètent ces déclarations comme un appel à l'achat d'euros. Or, comme le note Koichi Seki, manager actions chez Chuo Securities à Tokyo, interrogé par Reuters, "New York était fermé et il y avait peu de liquidités sur les marchés". Or qui dit moins de liquidités, dit plus de volatilité et donc une amplification des tendances. Malgré le repli de l'euro enregistré en fin de journée à 1,1864 dollar, la vigueur de la monnaie européenne devrait encourager la BCE à assouplir sa politique monétaire. A ce niveau de parité, l'euro grignote à la fois les parts de marchés et les marges des entreprises à l'exportation. Elle menace également la croissance dans la zone euro, et dans ces conditions la Banque centrale européenne devrait dès le 5 juin prochain baisser le loyer de l'argent.

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