L'envolée du chômage en Allemagne met Schröder sous pression

Le 14 mars prochain, le chancelier allemand Gerhard Schröder prononce un discours "sur l'état de la nation". Nul doute que la question du chômage sera au coeur de ses propos. Une fois encore, le marché de l'emploi en Allemagne s'est considérablement dégradé en février. Le mois dernier, la première économie de la zone euro a enregistré 67.000 demandeurs d'emplois supplémentaires (données corrigées des variations saisonnières), soit un taux de chômage de 10,5% (CVS). En données brutes, chiffre qui alimente le débat public en Allemagne, le nombre de chômeurs supplémentaires est encore plus importants: 83.100, ce qui porte le taux de chômage brut en février à 11,3%, soit 4,706 millions de sans-emploi.Dans un contexte de croissance quasiment nulle, voire de récession selon les économistes les plus pessimistes, une embellie sur le front du chômage n'est pas attendue avant de longs mois. Pour Guilhem Savry, de CDC-Ixis, "le taux de chômage en Allemagne ne devrait pas se stabiliser avant la fin de l'année". La faiblesse de la consommation, la priorité donnée à la restauration de la rentabilité des entreprises aux dépens de l'investissement, la mollesse de la croissance mondiale (et notamment américaine) associée à une appréciation de l'euro qui pèse sur les exportations sont autant de facteurs qui pèsent sur l'activité en Allemagne. Cette morosité fait dire au président de l'Office fédéral du travail, Florian Gerster, que la stagnation dont souffre actuellement l'économie allemande "empêche une reprise du marché du travail". L'Allemagne risque donc d'atteindre prochainement, voire de dépasser le triste record de janvier 1998, alors que le chancelier chrétien-démocrate Helmut Kohl était encore au pouvoir: le pays comptait alors 4,823 millions de chômeurs. Officiellement, le gouvernement prévoit pour 2003 une croissance de 1% mais de nombreux experts jugent cette estimation excessive, notamment en raison des incertitudes géopolitiques qui se prolongent. Ce matin dans La Tribune, Michael Rogowski, président de la fédération patronale des industries allemandes (BDI) estime pour sa part que "l'Allemagne sortira peu à peu du trou à partir de l'été" mais évoque une croissance du PIB limitée à 0,5%.Dans ces conditions, le chancelier Schröder va devoir s'attaquer à cette question du chômage, qui pèse fortement sur la consommation, quitte à prendre des mesures impopulaires. C'est ainsi que l'on s'attend à ce qu'il annonce le 14 mars un assouplissement des règles anti-licenciements et une baisse des cotisations sociales, et ce afin de favoriser les créations d'emplois.

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