La BCE soutient l'euro

L'euro s'envole, le dollar s'enfonce. De l'avis de nombreux opérateurs sur les marchés des changes, le mouvement pourrait durer et le billet vert devrait se rapprocher de son plancher historique, datant du lancement de la monnaie européenne en janvier 1999. Vendredi matin, l'euro a franchi la barre de 1,15 dollar pour établir un plus haut de l'année à 1,1536 dollar. La monnaie européenne s'est ensuite repliée. En fin de journée, l'euro valait 1,1488 dollar.Cette nouvelle poussée de fièvre de l'euro est due à l'attitude de la Banque centrale européenne (BCE). Jeudi, les autorités monétaires ont décidé de maintenir inchangé le loyer de l'argent dans la zone euro, à 2,5%. La monnaie européenne bénéficie d'un écart de rendement iumportant (125 points de base) avec le dollar, et cette différence pourrait s'accroître au mois de juin puisque la Réserve fédérale (Fed) a laissé entendre mardi qu'elle pourrait à nouveau assouplir sa politique monétaire si les circonstances économiques l'exigent. Par ailleurs, les responsables de la BCE ont eu des commentaires relativement optimistes sur le rythme de la reprise en Europe. Maintenant leurs prévisions d'un rebond graduel de l'activité dans le courant de cette année, ils ont également écarté tout risque de déflation. A l'inverse, la Fed, qui a pointé du doigt le risque déflationniste, s'est montrée moins catégorique quant au timing de la reprise aux Etats-Unis. Tous ces éléments pèsent donc sur le dollar et de nombreux investisseurs estiment que l'euro pourrait revenir taquiner prochainement la barre de 1,19 dollar, soit son plus haut historique. Le pronostic paraît d'autant plus crédible que ni la chute du billet vert, ni la flambée de l'euro ne semblent alarmer les autorités monétaires en place des deux côtés de l'Atlantique (lire ci-contre). Aux Etats-Unis, la faiblesse du dollar à un double avantage: d'une part, il apporte un soutient aux exportations et d'autre part, il permet de conjurer le spectre de la déflation car une monnaie affaiblie génère des hausses de prix via les importations. Pour la zone euro, l'affaire est plus sensible. Certes, l'appréciation de l'euro permet de modérer l'inflation et de réduire la facture énergétique mais une hausse trop forte de la monnaie européenne pourrait à termer handicaper les exportations européennes, et notamment allemandes. On en est pas encore là semble estimer la BCE.Mais au niveau des autorités gouvernementales, certains tirent déjà la sonnette d'alarme. C'est le cas de Jean-Pierre Raffarin. Le Premier ministre français a jugé vendredi que la parité euro/dollar posait un "problème important". Dans cet esprit, Jean-Pierre raffarin a engagé implicitement la BCE à assouplir sa politique monétaire, estimant que l'institut de Francfort avait "une marge de manoeuvre pour baisser les taux". Les gardiens de l'euro, jaloux de leur indépendance, apprécieront...

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