L'Allemagne partagée entre crainte et espoir

L'Allemagne va mal. Ce constat ne suscite aujourd'hui aucune discussion. Le débat est en revanche plus ouvert quant à savoir si la première économie de la zone euro va aller mieux. Les enquêtes publiées ce matin témoignent des difficultés à établir un pronostic. Après un sondage réalisé auprès de 21.000 entreprises, la fédération allemande des chambres de commerce et d'industrie (DIHK) demeure très pessimiste. Selon les résultats de cette enquête, les perspectives des entreprises allemandes sont tombées à leur plus bas niveau depuis la récession de 1993.Et rien dans le détail de cette étude ne permet d'anticper une reprise: si 17% des entreprises prévoient une amélioration de leur activité, elles sont 42% à craindre une détérioration. Conséquences, les sous-indices relatifs aux perspectives d'investissement, d'exportations et d'emploi sont tous orientés à la baisse. Tirant les enseignements de cette dégradation des perspectives, la DIHK a revu ses prévisions pour l'économie allemande cette année. Elle table désormais sur une légère contraction au lieu d'une timide croissance initialement. La fédération estime notamment que l'économie allemande pâtit des ratés de son dernier moteur, à savoir les exportations. Celles-ci commenceraient, selon la DIHK, à souffrir de la vigueur de l'euro.Le pessimisme de la fédération des chambres de commerce et d'industrie n'est pas partagé par tous. Ainsi, l'indice de l'institut ZEW mesurant les attentes de conjoncture en Allemagne pour les six mois à venir affiche en juin une nette progression par rapport au mois de mai: +2,6 points à 21,3. Deux facteurs au moins peuvent expliquer le rebond de cet indice, considéré comme un bon baromètre du moral des patrons allemands. Il y a eu d'une part la baisse d'un demi-point du loyer de l'argent décidé par la Banque centrale européenne. En ramenant, le principal taux d'intérêt de la zone euro à 2%, la BCE apporte un soutien non négligeable à l'économie allemande et facilite l'accès aux crédit des entreprises. Par ailleurs, l'indice Zew, réalisé à partir d'un panel de quelque 300 analystes financiers et investisseurs institutionnels, est relativement bien corrélé aux performances boursières. Or depuis quelques semaines, la Bourse de Francfort ne cesse de monter. A la mi-journée, l'indice des trente valeurs vedettes Dax évoluait au-dessus des 3.300 points, soit son plus haut niveau en séance depuis le 5 décembre dernier.

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