L'euro au-dessus de 1,25 dollar

Pas de trêve des confiseurs sur le marché des changes. Dans un marché caractérisé par des faibles volumes, les mouvements spéculatifs accentuent le déclin du dollar et portent l'euro vers de nouveaux sommets. Dans l'après-midi, lundi, la monnaie européenne a établi un nouveau record historique à 1,2511 dollar. Aux côtés de l'euro, l'or grimpe également fortement: l'once d'or a atteint le même jour un nouveau plus haut depuis février 1996 à 413,50 dollars. La fièvre persistance qui étreint l'euro depuis plusieurs mois pourrait amener la Banque centrale européenne (BCE) à réviser sa copie quant à la croissance attendue en 2004. C'est en tout cas ce que laisse entendre dans les colonnes du Financial Times un haut responsable de l'institution de Francfort. Conservant l'anonymat, cette personnalité a estimé que l'évolution de l'euro "sur les quatre à huit prochaines semaines" pourrait influencer les perspectives sur les taux d'intérêt. L'envolée rapide de l'euro face au billet vert - +13% depuis septembre - a introduit " un élément d'incertitude" quant aux prévisions de croissance de la zone euro. Dans ces conditions, la BCE "devrait réexaminer l'ensemble du tableau au cours des prochains mois", a ainsi souligné ce membre de la banque. Ces déclarations font écho à celles formulées par le gouverneur de la Banque de Belgique et par celui de la Banque des pays-Bas. Tous deux s'étaient alarmés du risque que faisait peser l'appréciation de l'euro sur la reprise. Certains gouvernements européens ont d'ailleurs déjà appelé la BCE à réduire le loyer de l'argent, actuellement à 2%, afin de faire contrepoids à la hausse de l'euro.Pour de nombreux économistes, la progression de l'euro, qui pourrait évoluer au-delà de 1,30 dollar l'an prochain, aurait pour conséquence d'étouffer la reprise en cours dans la mesure où cette dernière est menée par les exportations. Selon les dernières prévisions de la BCE, basées sur une parité euro/dollar à 1,17 dollar, la croissance dans la zone euro en 2004 devrait être de 1,6% avec une inflation de 1,8%. Mais selon certaines estimations, une hausse de 10% du taux de change effectif de l'euro se traduirait par un demi point de croissance et d'inflation en moins. De quoi effectivement faire réfléchir la BCE quant à sa politique monétaire. La prochaine réunion du conseil des gouverneurs de la Banque centrale européenne a lieu le 8 janvier. A cette occasion, le président Jean-Claude Trichet devrait en dire un peu plus sur l'état d'esprit des gardiens de l'euro.

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