Les patrons allemands ébauchent un timide sourire

Entrée en récession au début de l'année, l'économie allemande focalise toutes les inquiétudes. Dans ce contexte, la moindre statistique un tant soit peu positive est accueillie avec soulagement. C'est le cas ce matin avec la publication d'un indice Ifo supérieur aux attentes. Cet indicateur, qui reflète le sentiment des chefs d'entreprises allemands, ressort en mai en progression d'un point à 87,6. Bien que relatif, ce regain de confiance des patrons allemands permet aux indices européens de s'orienter résolument vers la hausse. Vers 11 heures, Francfort gagne 0,83% et Paris avance de 0,82%.Le ralentissement de l'activité et le risque de déflation agité par certains économistes ne semblent pas avoir accru les inquiétudes d'industriels déjà aux prises avec une demande interne faible et des débouchés à l'exportation réduits en raison de l'appréciation de l'euro. Faisant fi de ces menaces, ils semblent parier sur un rebond de la conjoncture dans la deuxième partie de 2003. Dans leurs commentaires, les experts de l'Ifo soulignent que "à la lumière des derniers résultats de l'enquête, les chances d'une légère reprise conjoncturelle en Allemagne au deuxième semestre ont augmenté". En effet, la hausse de l'Ifo au mois de mai est principalement due à l'amélioration (+2,3 points à 97,2) du sous-indice reflétant les attentes des industriels.Cependant, il paraît prématuré de parler de retournement. C'est l'avis de Guilhem Savry, économiste chez CDC-Ixis, pour qui "l'optimisme des chefs d'entreprise pourrait être corrigé dans les mois à venir après la forte appréciation de l'euro". La monnaie européenne s'est installée au-dessus de 1,18 dollar et cette envolée entame la capacité de l'industrie allemande à trouver à l'étranger des débouchés. Guilhem Savry souligne par ailleurs que malgré la hausse de l'indice mesurant les perspectives, celui-ci demeure "à un bas niveau", en deçà de sa moyenne de long terme , à savoir 99. Les difficultés actuelles de l'Allemagne ne vont pas disparaître immédiatement et l'économiste juge que l'Allemagne devrait afficher une "croissance nulle" cette année, après le maigre 0,2% en 2002. Pour lui, "cette faiblesse pourrait accentuer la pression déflationniste sur l'Allemagne et pourrait justifier une nouvelle baisse des taux de la Banque centrale européenne en juin".Avec le net ralentissement de l'inflation en mai en Allemagne, les récents commentaires du FMI jugeant comme considérable le risque de voir la première économie de la zone euro sombrer dans la déflation ont repris une certaine acuité. Les dirigeants politiques allemands comme le chef économiste de la BCE, Ottmar Issing, tentent bien de rassurer les opinions publiques mais ils n'y parviennent qu'à moitié, tant la peur est grande en Europe de voir l'Allemagne succomber à un fléau qui empoisonne depuis des années le Japon.
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