Bush peine à convaincre les marchés

Après les marchés asiatiques ce matin, qui, à l'image de Tokyo (-2,28%), ont clairement terminé en repli après le discours de George W. Bush sur l'état de l'Union, les marchés américains connaissent une séance de repli. Vers 18 heures, le Nasdaq et le Dow Jones perdent respectivement 1,03% et 1,27%. En Europe, la situation est plus contrastée. Londres abandonne du terrain en clôture alors que Paris finit sur une nette hausse de 1,43% après avoir passé toute la matinée dans le rouge. Les propos plutôt belliqueux de George W. Bush la nuit dernière à l'occasion du discours sur l'état de l'Union (lire ci-contre), pas plus que ses promesses économiques, ne trouvent donc grâce aux yeux des investisseurs. Car s'il semble de plus en plus probable qu'une intervention militaire en Irak va avoir lieu avec un calendrier que les Américains voudraient accélérer, l'incertitude demeure sur plusieurs points: quand débutera cette offensive, les Etats-Unis attaqueront-ils seuls le régime de Bagdad ou au contraire auront-ils des alliés et lesquels? Faute de visibilité sur ces questions, les marchés jouent la prudence. Une situation qui ne serait que transitoire selon Jean-Noël Vieille d'Aurel Leven. Selon lui, tout semble "se mettre en place pour qu'à court terme, la visibilité politique et économique soit améliorée (...). Au moindre signal positif, nous assisterons à une dynamique haussière rapide du marché", estime-t-il ce matin. Cette opinion résume celle de nombreux analystes selon lesquels le déclenchement d'une offensive militaire contre l'Irak devrait sonner le véritable rebond des indices boursiers.Offensif sur la question irakienne, George W. Bush a voulu aussi démontrer sa détermination sur le plan économique. Alors que la situation de l'emploi continue de se dégrader aux Etats-Unis, le président a répété les engagement de son plan de relance présenté à Chicago au début du mois. Centré essentiellemnt sur des réductions d'impôts, ce programme de relance qui porte sur 674 milliards de dollars sur 10 ans doit permettre aux Etats-Unis de renouer avec une croissance solide. Ces déclarations qui n'apportent rien de nouveau sont pour l'instant largement ignorées par des marchés qui n'ont pas plus été convaincus par les propos de John Snow. Lors de sa première intervention publique, le nouveau secrétaire au Trésor américain a réaffirmé l'attachement de son pays à une politique du "dollar fort". Le billet vert a reculé de 15% l'an dernier face à l'euro et sa baisse s'est fortement accélérée en janvier. L'euro a franchi lundi le seuil de 1,09 dollar, son plus haut niveau depuis mars 1999, avant de se replier sous 1,08 dollar. Mais aujourd'hui, la monnaie européenne reprend de la hauteur. Vers 18 heures, un euro s'échange contre 1,0858 dollar. Les déclarations de John Snow n'ont en fait rien changé à la donne, à savoir que les facteurs actuels de la baisse du billet vert demeurent.Ces facteurs, ce sont bien sûr l'hypothèque irakienne mais aussi la faiblesse de l'économie américaine. La croissance aux Etats-Unis a nettement ralentie au quatrième trimestre de 2002. Après une hausse du PIB de 4% au troisième trimestre de l'an dernier, il semblerait que l'activité n'ait progressé que de 1% entre octobre et décembre. Malgré ce manque de dynamisme, les économistes écartent le scénario selon lequel la Réserve fédérale américaine (Fed) deciderait mercredi soir d'abaisser le loyer de l'argent à l'issue de la réunion de deux jours de son comité de politique monétaire.

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