L'industrie américaine flirte avec la croissance

L'industrie américaine n'a pas encore renoué avec la croissance mais elle s'en approche, confirmant en cela les premiers signes de redressement annoncés en fin de semaine dernière (lire ci-contre). L'indice composite d'activité du secteur industriel aux Etats-Unis, calculé par le groupement national des directeurs d'achat des entreprises du secteur (ISM), affiche pour le mois de mai une progression de quatre points à 49,4, soit son meilleur niveau depuis février dernier.Suivant que l'on chausse des lunettes roses ou des lunettes grises, ces statistiques délivrent un message différent quant à la santé du secteur manufacturier américain. Les plus pessimistes noteront que pour le troisième mois consécutif, l'activité industrielle est restée en contraction puisque l'indice est resté bloqué sour 50, niveau qui marque pour un secteur "la frontière" entre contraction et croissance. L'effet après-guerre tarde à se faire sentir. A l'inverse, les craintes liées aux conséquences de la pneumonie atypique sur certaines économies ont dû peser sur les perspectives.Les plus optimistes suivront Norbert Ore dans ses commentaires, quand le président de l'ISM souligne qu'il y a "des signes de vie dans le secteur puisque l'indice des nouvelles commandes et celui de la production ont progressé au-dessus de la barre des 50 après deux mois de déclin". Un redressement de l'industrie américaine (environ 17% du PIB) est particulièrement attendu par les milieux économiques: il serait en effet compris comme le signe avant-coureur de la reprise aux Etats-Unis. Cela signifierait en effet la fin des destructions massives d'emplois dans ce secteur. A l'heure actuelle et pour le 32ème mois consécutif, la composante emploi de l'ISM est restée sous le seuil des 50, malgré une timide progression, passant de 41,4 à 43.Douche froide pour l'industrie européenne. L'enquête PMI/Reuters pour le secteur manufacturier témoigne du ralentissement de l'activité du secteur au mois de mai. Baisse des commandes et de la production, recul des achats de matières premières: tout cela traduit sans doute l'impact négatif de l'appréciation de l'euro sur les perspectives des chefs d'entreprises et rien ne permet de parier sur un retournement rapide de tendance. Dans ces conditions, un geste de la Banque centrale européenne paraît plus que probable jeudi. Les marchés attendent une baisse de 50 points de base, qui ramènerait le loyer de l'argent à 2%. L'accalmie observée actuellement sur le front des prix - l'inflation dans la zone euro a reflué en mai à 1,9% après 2,1% en avril - devrait avoir levé les dernières réticences des gardiens de l'euro.

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