Les experts de l'ONU très sévères pour l'Irak

La perspective d'une guerre avec l'Irak se rapproche. Les déclarations de Hans Blix, le chef des inspecteurs de l'ONU qui présentait aujourd'hui son rapport au Conseil de sécurité des Nations Unies à New York, laissent peu de doutes sur la question.Difficile, en effet,de trouver beaucoup de positif dans le bilan global extrêmement sévère, le premier après deux mois d'enquête, dressé par l'équipe des inspecteurs. "A ce jour, l'Irak n'a pas accepté de désarmer. Or, c'était une exigence", a déclaré Hans Blix. Certes, Bagdad a permis aux inspecteurs de visiter les sites qu'ils souhaitaient. Mais c'est le seul bon point que l'expert des Nations Unies délivre à Saddam Hussein.Hormis cet élément, l'Irak accumule les fautes : il n'a pas répondu aux questions en suspens sur ses programmes d'armement, et a imposé des conditions inacceptables au survol de son territoire par des avions espions U-2. Par ailleurs, il y a des indications selon lesquelles l'Irak a produit davantage d'armes biologiques au bacille de charbon (anthrax) qu'il ne l'a déclaré, a affirmé lundi le chef des inspecteurs de l'ONU. Le pays a également omis de s'expliquer sur l'existence de 6.500 bombes chimiques.En outre, l'Irak a procédé "à l'importation au cours des deux dernières années d'un certain nombre de matériels, en dépit des sanctions et ce jusqu'en décembre 2002. Au premier rang, figure l'importation de 300 moteurs susceptibles d'être utilisés pour les (missiles) Al-Samoud-2", a affirmé Hans Blix, lors de la présentation de son rapport d'étape devant le Conseil de sécurité des Nations unies. Washington a immédiatement accusé l'Irak de ne pas s'être conformé aux demandes de l'ONU. "L'Irak continue à posséder des armes de destruction massive" a affirmé Ari Fleischer, porte-parole de la Maison Blanche. Pourtant, Mohamed ElBaradei, chargé du dossier nucléaire des inspections en désarmement de l'Irak, avait déclaré cet après-midi devant le Conseil de sécurité qu' "aucune activité nucléaire prohibée n'avait été identifiée durant les inspections".Mais, pour la Maison Blanche, le temps de la patience est révolu. "L'Irak n'a pas répondu à ce qui était exigé de lui et est en train de mener les inspecteurs en bateau", a ajouté Ari Fleischer. L'ambassadeur américain aux Nations Unies a, pour sa part, observé que des inspections complémentaires ne changeraient rien dans un pays "qui s'est consciemment engagé dans le mensonge et la tromperie, comme l'Irak".Quant au ministre britannique des Affaires étrangères, Jack Straw, il a qualifié la coopération de Saddam Hussein de "charade"."L'Irak ne coopère pas", a résumé un haut-fonctionnaire du département d'Etat américain, ajoutant : "Il est temps que le Conseil de sécurité en prenne acte et prépare sa réponse. Ce sera l'objet des discussions au Conseil cette semaine". Face à la tonalité négative de ces déclarations, la réaction des marchés ne s'est pas fait attendre: le CAC a perdu 3,55 % à la clôture, à 2.795,78 points, tandis que les marchés américains s'enfoncaient dans le rouge (lire ci-contre). "Ce rapport n'est pas une surprise. Il semble bien que toutes les conditions soient réunies pour pousser Bush à jouer la fermeté et à déclarer la guerre. Et s'il n'y a plus de suprises, si tout se déroule comme prévu, je pense que les marchés finiront par remonter fortement. Il faut, bien sûr, attendre le discours du président Bush, demain. La balle est dans son camp", observe Charles Payne, analyste de Wall Street cité par Reuters.

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