Chirac reprend à son compte l'optimisme du G8

Le rideau est retombé sur le sommet du G8 à Evian. Cette rencontre, essentiellement marquée du sceau de la difficile réconciliation franco-américaine après la guerre en Irak, a également été l'occasion pour les dirigeants des principales puissances mondiales de délivrer un message d'espoir à leurs opinions publiques. Méthode Coué ou diagnostic objectif de la situation actuelle, l'avenir le dira. En tout cas, le communiqué final rédigé à l'issue de ce sommet ne recèle pas de surprises. Conformément aux attentes (lire ci-contre), les participants ont affirmé leur conviction que les conditions propices à une reprise économique mondiale "sont en place". Tout en reconnaissant que les "économies sont confrontées à de nombreux défis", les chefs d'Etat et de gouvernement du G8 se disent "confiants dans le potentiel de croissance de (leurs) économies". Parmi les facteurs qui devraient favoriser ce rebond, le président Jacques Chirac a cité, lors la conférence de presse de fin de sommet, le prix du pétrole et une situation des taux d'intérêt "très positive". Le président français s'est d'ailleurs livré à un appel du pied, à peine déguisé en direction de la Banque centrale européenne, en affirmant que cette situation "peut encore s'améliorer". La BCE se réunit jeudi et un assouplissement de la politique monétaire qui ramènerait le loyer de l'argent à 2% contre 2,5% est attendu par la majorité des économistes. Cette baisse des taux d'intérêt est particulièrement espérée en Allemagne où l'activité est entrée en récession au début de l'année. Le chef de l'Etat français s'est voulu néanmoins rassurant quant à la conjoncture outre-Rhin où il ne voit pas de risque de déflation.Les défis évoqués par le communiqué final ne sont pas détaillés, pas plus que n'est mentionnée la question des taux de change. Le thème de la glissade du dollar par rapport au yen et à l'euro est donc escamoté et ce malgré ses conséquences pour les exportations de ces deux régions du monde. Depuis novembre, le dollar a perdu 17% par rapport à l'euro, qui a atteint la semaine dernière un plus haut historique de 1,1933 euro pour un dollar. Cette question a pourtant été largement discutée à Evian. George W. Bush a réitéré son adhésion à la politique américaine du dollar fort, satisfaisant ainsi ses partenaires asiatiques et européens. Mais ce consensus de façade ne doit pas faire oublier une divergence de fond: pour les Américains, l'Europe et le Japon doivent entreprendre les réformes nécessaires pour être de véritables relais de croissance. A Washington, on ne se prive pas de remarquer que l'appréciation de l'euro doit beaucoup à la politique monétaire menée par la BCE et l'écart de rendement des taux d'intérêt entre les Etats-Unis et la zone euro. Pour sa part, Jacques Chirac n'a pas pu éviter la question. Le président français a, dans un premier temps, plaidé en faveur d'une stabilité des taux de change, "élément essentiel pour favoriser la croissance". Puis Jacques Chirac a rappelé que le G8 suivait "très attentivement les mouvements des principales devises". Pour autant, l'hypothèse d'une intervention des banques centrales sur le marché des changes ne paraît pas d'actualité, d'autant que les Etats-Unis ont un intérêt certain à laisser filer quelque peu leur monnaie et doper ainsi leurs exportations.Outre l'affirmation de leur foi en la reprise, les Huit ont réaffirmé également leur engagement à "mettre en oeuvre des politiques macroéconomiques saines venant appuyer la croissance, tout en assurant la soutenabilité interne et externe de nos économies", à savoir éviter des déséquilibres trop importants des finances publiques et du commerce extérieur. A cet égard, les Huit mettent en avant "une importance accrue des réformes structurelles et de la flexibilité de nos économies", à savoir des "réformes structurelles sur les marchés du travail, des produits et des capitaux", ainsi que "des systèmes de retraite et de santé pour faire face au défi commun que constitue le vieillissement de la population". Les membres du G8 ont répété leur intention de "réaliser les objectifs et respecter le calendrier général fixés dans le cadre du programme de Doha pour le développement", à savoir le cycle de négociations commerciales multilatérales, lancé fin 2001, sous l'égide de l'Organisation mondiale du commerce (OMC), et qui doit s'achever en 2004.
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