Flambée de l'or noir

La tension croissante autour de l'Irak, les craintes de terrorisme et aussi une envolée du prix du fioul pour le chauffage face à une pénurie de ce produit, ont brusquement fait grimper le pétrole. A la veille du week-end, la déclaration de Georges Bush - "la partie est terminée" avec l'Irak - a joué le rôle d'un catalyseur. Ce lundi, le baril de Brent s'est échangé jusqu'à 32,70 dollars après avoir clôturé vendredi à 32,34 dollars, soit à son plus haut niveau depuis novembre 2000. A New York, le cours du brut est également à son plus haut niveau - depuis septembre 2000 - sur le marché à terme, franchissant la barre des 35 dollars. "Le marché est tiré par une forte pénurie de fioul de chauffage. Le marché physique pour le fioul est très tendu", souligne John Kilduff, un analyste de Fimat cité par l'AFP, "c'est très difficile d'avoir du fioul à moins d'avoir déjà un contrat de livraison". Le cours du fioul domestique pour le chauffage a clôturé à un plus haut historique vendredi, en hausse de 6,7% sur la séance à 1,0957 dollar le gallon. "Des stocks serrés, une assez grosse tempête, tout ça a contribué à faire monter les prix du fioul. Et bien sûr, ça a contribué à pousser les prix du brut vers le haut", a également déclaré Bill O'Grady, un écomiste interrogé par l'AFP.L'envolée des cours est également due au fait qu'une tempête de neige a fait tomber entre 15 et 20 centimètres sur le nord-est des Etats-Unis depuis jeudi soir. "Les chiffres des stocks que nous avons eu mercredi ont montré que les approvisionnements se sont resserrés" sur le marché du fioul, rappelait Bill O'Grady. Selon les derniers chiffres du département américain de l'Energie, les réserves de fioul domestique ont fondu de 5,4 millions de barils à 42,5 millions la semaine dernière. Les stocks américains de brut sont également très serrés après la grève générale de deux mois au Venezuela, un des principaux fournisseurs des Etats-Unis. Enfin, outre la flambée des cours du fioul de chauffage, le marché du brut a également profité des "craintes sur l'Irak et des alertes terroristes", indiquait John Kilduff, qui estime qu'"il n'y a pas de soulagement en vue" pour les prix du pétrole. "Je pense que les déclarations du président (Bush) hier ont montré qu'il est très sérieux" à propos de l'Irak, remarquait pour sa part Bill O'Grady. Le président George W. Bush avait affirmé jeudi que la "partie était terminée". Par ailleurs, Washington a porté vendredi l'alerte terroriste à un "niveau très élevé" en raison d'informations précises selon lesquelles le réseau Al-Qaïda préparerait des attaques aux Etats-Unis et contre des intérêts américains dans le reste du monde. "Cette décision est basée sur des informations précises obtenues et analysées par l'ensemble de nos services de renseignement", a expliqué l'Attorney general John Ashcroft, ministre américain de la Justice.

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