L'or noir continue de grimper

Les prix du pétrole restent indifférents à la possibilité de voir l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) augmenter sa production. Selon un responsable du cartel cité par l'AFP, l'organisation envisagerait d'augmenter sa production de pétrole d'au moins 500.000 barils par jour après la mi-janvier si les cours se maintiennent entre 29 et 30 dollars le baril.Cette décision correspondrait à l'application du mécanisme adopté par l'Opep en mars 2000 et qui prévoit une augmentation de la production de 500.000 barils par jour si le prix du panier OPEP (comprenant sept bruts) reste supérieur à 28 dollars pendant 20 jours ouvrables consécutifs. Le prix du panier de l'OPEP dépasse les 28 dollars depuis douze jours maintenant, le cap des 20 jours ouvrables sera passé le 15 janvier. Sur les marchés, cette annonce n'a pas provoqué de mouvement de baisse des prix. Au contraire. A Londres, vers 18 heures vendredi, le cours du baril de Brent s'établissait à 30,25 dollars, en hausse de 2,7% par rapport à son cours de clôture de la veille.Si les cours continuent de grimper, c'est que les opérateurs restent sceptiques quant à l'impact d'une telle décision. En effet, la production réelle des pays membres de l'Opep dépasse déjà allègrement les quotas fixés par le cartel. Pour tenter de remédier à ce problème et mettre en adéquation production réelle et quotas fixés, l'Opep a relevé le 1er janvier son plafond de production à 23 millions de barils par jour. Ajouter 500.000 barils par jour à ces quotas ne modifierait pas significativement la production de l'Opep et n'affecterait donc pas les prix. De plus, avant l'éventuel déclenchement de ce mécanisme il reste encore 12 jours et, durant cet intervalle, il peut se passer beaucoup de choses. En effet, les marchés ont plutôt les regards tournés vers le Venezuela. La grève générale qui affecte le pays et son industrie pétrolière dopent les cours de l'or noir. Cinquième exportateur mondial de pétrole, le Venezuela ne peut plus assurer ses livraisons. Le département américain de l'Energie( DoE) a ainsi souligné cet après-midi que les importations américaines de pétrole vénézuélien avaient été "quasiment inexistantes" au cours de la semaine achevée le 27 décembre et rien n'indique que le conflit entre le pouvoir et l'opposition va se régler rapidement.Par ailleurs, les cours du pétrole ont trouvé un soutien du côté des statistiques relatives aux stocks de brut aux Etats-Unis. Ces derniers ont reculé de 9,1 millions de barils a indiqué le DoE. Pour Lawrence Eagles, analyste à la maison de courtage GNI, "si les stocks de brut américains baissent ainsi pendant trois semaines, ils tomberaient en dessous du seuil nécessaire pour satisfaire une forte demande en cette période hivernale". En outre, et cela inquiète également les investisseurs, on s'attend aux Etats-Unis à une baisse des températures qui devrait accentuer encore la demande en produits énergétiques. A tout cela, il faut bien évidemment ajouter la question irakienne. La probabilité d'un conflit avec le régime de Bagdad maintient les cours du pétrole à des niveaux élevés.

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