L'Europe ébauche une politique étrangère commune

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Le sommet de Salonique verra-t-il la naissance d'une politique étrangère européenne commune ? Le projet de conclusions qui sera soumis aux participants et qui a été révélé à la presse vendredi matin tente en tout cas d'en ébaucher les grandes lignes. Une attitude qui est très surveillée après les dissensions de ces derniers mois et alors que le projet de Constitution qui est examinée aujourd'hui prévoit un "ministre des Affaires étrangères européen".Premier élément, le plus brûlant peut-être après les dissensions révélées par la deuxième guerre du Golfe, les relations avec les Etats-Unis. L'Union européenne demanderait désormais que les "relations transatlantiques évoluent sur un pied d'égalité". Un élément qui est "primordial", selon le texte, non seulement pour les "deux parties, mais aussi pour l'ensemble de la communauté internationale". L'exigence d'égalité avec le géant américain avait déjà été évoquée jeudi soir par Javier Solana, le représentant européen pour la politique extérieure qui avait demandé l'établissement d'un "concept stratégique", c'est-à-dire d'une stratégie de sécurité autonome. Le texte de Salonique indique néanmoins que ce concept autonome n'empêche pas la "coopération" sur ce thème avec les Etats-Unis.Au-delà de cette déclaration d'intention, l'Union européenne a pris position sur les thèmes de l'actualité internationale en évitant le conflit ouvert avec les Etats-Unis. Ainsi, le Conseil "exprime sa vive préoccupation à l'égard de certains aspects du programme nucléaire iranien" et demande à Téhéran d'accepter des inspections inopinées de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA). Concernant la Corée du Nord, l'UE exprime là aussi sa "sérieuse préoccupation". Elle réclame également le démantèlement du programme nucléaire nord-coréen et le respect des engagements internationaux de Pyongyang. Elle rappelle par ailleurs qu'elle est prête "à contribuer à une solution diplomatique multilatérale".Au sujet du Proche-Orient, le Conseil salue "la possibilité historique " de la paix et appuie très fortement la "feuille de route". Il devrait "inviter le Hamas et les autres groupes à déclarer immédiatement un cessez-le-feu et à mettre fin à toutes les activités terroristes". Mais l'UE demande aussi à Israël "d'abandonner sa politique de colonisation, de mettre fin aux confiscations de terre et à la construction de la 'clôture de sécurité'". Enfin, sujet plus épineux, l'Irak. Le texte de Salonique devrait souligner que "la chute de Saddam Hussein a ouvert la voie à un avenir de paix, de sécurité et de prospérité". Mais il devrait également exiger une "contribution importante des Nations Unies au processus menant à la formation d'un gouvernement irakien". Un texte qui évidemment traduit les différences entre les tendances "pro-américaines" et "neutralistes" qui ont déchiré l'Union ces derniers mois.

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