Beaucoup de bruit pour pas grand chose

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Il y a va de l'accès à Internet comme de l'équipement informatique, et même de la téléphonie mobile : la France ne fait toujours pas partie du peloton de tête mondial. Le gouvernement Raffarin a donc présenté cette semaine "son " plan d'action pour tenter d'enrayer un retard qu'il juge préjudiciable au vu de l'impact indéniable des nouvelles technologies sur la compétitivité et la formation des Français.Un tel plan est sans doute bienvenu. Le choix d'un partenariat public-privé entre l'Etat et les industriels (constructeurs informatiques, fournisseurs d'accès à Internet, distributeurs) peut apparaître pertinent. Enfin, il semble tout à fait logique d'agir sur les deux principaux freins au développement d'Internet : le prix trop élevé des ordinateurs et le trop grand flou autour des usages de la toile pour certaines populations (foyers à revenus modestes, les moins diplômés, personnages âgées). Ainsi le slogan de la campagne, "Internet déclaré d'utilité tout public", sera-t-il apposé sous la forme d'un logo sur des ordinateurs proposés à un prix inférieur à 1.200 euros pour un ordinateur portable et 900 euros pour un ordinateur de bureau. Une vingtaine d'industriels - parmi lesquels Dell, Apple, NEC, Intel, Wanadoo ou Boulanger - vont en outre faciliter la formation et le suivi de leurs clients afin de permettre aux usages de se développer.Pourtant, on ne peut manquer de noter que cette campagne ne fait qu'accompagner les tendances déjà perceptibles du marché. Le jour même de sa présentation, le cabinet Gartner indiquait que les ventes d'ordinateurs grand public en France ont bondi de 24 % au troisième trimestre 2002, au dessus des prévisions. De surcroît, l'analyse du marché faite par Gartner relève que cette progression est surtout due au succès grandissant des portables. Le segment "portable grand public " affiche un bond de 88 % avec des offres observées autour de 1.000 euros. Soit dans l'épure de la campagne.Dans de telles conditions de marché, la campagne des pouvoirs publics est pour ainsi dire "condamnée" au succès. D'autant que la tendance est identique sur les offres d'Internet à haut débit, qui devraient encore baisser à l'occasion des fêtes de fin d'année. Beaucoup de bruit pour pas grand chose donc. A ceci près que la baisse du prix des ordinateurs s'explique surtout par la faiblesse actuelle du dollar et qu'il suffirait d'un retournement ou de l'augmentation des prix des composants pour voir les étiquettes remonter. Le plan gouvernemental serait alors jugé sur pièce...

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