"Le marché semble mûr pour une reprise des opérations de rachat"

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latribune.fr - Les opérations de rachat se sont multipliées ces derniers mois. Les marchés sont-ils à nouveau mûrs pour des opérations de plus grande envergure ? Olivier de Bourayne - Je le pense. On a eu jusqu'ici des OPA plutôt de petites tailles, mais le marché est solide dans sa reprise et il est sans doute désormais plus mûr pour des opérations plus importantes. Quels sont les entreprises ou les secteurs qui devraient être concernés par les prochaines OPA importantes ?On parle beaucoup de Beiersdorf en raison de la volonté de sortie d'Allianz. Les récentes déclarations autour d'Unicredito en Italie ou de Société Générale en France pourraient également laisser penser qu'une réorganisation du secteur bancaire est envisageable à plus ou moins court terme. Enfin, la situation délicate dans laquelle se trouve la réassurance laisse présager d'une future concentration dans le secteur. Mais compte tenu des problèmes de bilans de ces entreprises, il faudra encore attendre un peu...Une reprise des OPA est-elle susceptible d'attirer encore les investisseurs vers les marchés d'actions, et notamment les particuliers ? Il est certain que ce mouvement peut favoriser un retour sur les actions des investisseurs institutionnels ou de certains opérateurs, comme les gestionnaires d'épargne salariale, qui ont pu "moyenner" leurs pertes. Le petit porteur, lui, est trop échaudé par les pertes importantes qu'il a dû subir lors de l'éclatement de la bulle. Il faudra donc attendre encore un peu pour voir revenir massivement les particuliers. Il est toutefois indéniable que de nombreux clients trouvent de plus en plus d'intérêt dans le marché grâce aux rumeurs d'OPA.Les offres de rachat ne vous semblent-elles cependant pas encore un peu timides ?Il est vrai qu'en Europe, on hésite encore à proposer des prix élevés pour les OPA. Ce n'est pas tout à fait le cas de l'autre côté de l'Atlantique. Cela est sans doute lié au fait que les entreprises américaines ont plus radicalement et plus rapidement nettoyé leurs bilans que les entreprises européennes.La reprise va-t-elle faire progresser les prix des OPA ?Nous sommes, selon moi, dans un phénomène de bulle. Tout le monde achète n'importe quoi sans se soucier des valorisations. Les entreprises qui veulent lancer des OPA devraient donc le faire rapidement, car d'ici six mois ou un an, il n'est pas certain qu'elles puissent proposer des prix aussi bas.Le retour des OPA ne semble pas compensée par de nouvelles introductions en Bourse. Commente expliquer ce décalage ?Epson au Japon représente tout de même une belle introduction. En France, il est vrai que les introductions sur les marchés réglementés sont inexistantes. Les nouvelles règles très strictes de cotation sur le Nouveau marché fixées par le CMF sont peut-être un peu décourageantes. Mais le coeur du problème reste que de nombreuses sociétés sont encore "dégoûtées" de la Bourse et l'on devrait donc assister, à l'inverse, à la poursuite d'un certain nombre de retraits de la cote. Ne va-t-on pas alors vers un assèchement de la cote ? Je ne pense pas. Nous corrigeons encore les excès des années de bulle. Il me semble qu'il reste encore bien assez de sociétés cotées. Cette réduction du nombre de sociétés cotées me semble plutôt saine, ne serait-ce que pour les analystes, qui peuvent mieux se concentrer, avec moins d'entreprises sous revue.

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