Mikhail Khodorkovski n'est plus président de Ioukos

 |  | 393 mots
Lecture 2 min.
Mikhaïl Khodorkovski, PDG du numéro un du pétrole russe Ioukos, incarcéré depuis dix jours et inculpé d'escroquerie et d'évasion fiscale, a démissionné de son poste, a annoncé lundi à l'AFP le porte-parole du groupe, Alexandre Chadrine. "M. Khodorkovski démissionne de son poste à la tête de Ioukos et va se consacrer à la poursuite de son travail en qualité de président de l'organisation non gouvernementale Otkrytaïa Rossia (Russie ouverte)", a-t-il ajouté. La démission, du fond de sa prison, de Mikhail Khodorkovski ne bouleverse pas la situation. On sait en effet depuis hier que l'oligarque avait transféré ses titres majoritaires au sein de la holding contrôlant Ioukos, Menatep, à un autre actionnaire de référence, Leonid Nevzlin. Mais la situation du Parquet général devient difficile à tenir : comment poursuivre la saisie des 39,5% du capital de Ioukos au nom de l'affaire Khodorkovski, alors que ce dernier semble vouloir se détacher définitivement du groupe pétrolier ? D'autant que le Parquet reste sous la pression du Kremlin qui a multiplié les signes rassurants vis-à-vis des investisseurs étrangers. Les propos du nouveau directeur de l'administration russe Dimitri Medjidieh dimanche ont en effet pleinement rassuré le marché. Celui-ci avait en effet indiqué que les procureurs devaient" réfléchir aux conséquences sur l'économie des mesures qu'ils prennent". En clair, arrêter Khodorkovski, oui, saisir les titres Ioukos, non. Une nouvelle fois, donc, il s'agit pour Vladimir Poutine d'assurer les marchés que l'affaire n'est pas économique, mais bien uniquement politique et qu'il n'y aura pas de retour à un interventionnisme agressif de l'Etat. D'une certaine façon, en démissionnant de la présidence de Ioukos, Mikhail Khodorkovski accepte cet état de fait en se retirant du jeu économique. Désormais, la lutte entre les deux hommes ne sera que politique. Les investisseurs sont donc rassurés: Ioukos restera en dehors de la tourmente. Aussitôt connue la démission de l'oligarque-président de Ioukos, le titre s'est envolé et gagnait près de 8% en milieu d'après-midi. Dans la foulée, l'indice RTS progressait de 5%. Toutes les valeurs massacrées la semaine dernière rebondissaient, notamment Loukoil ou Suburneftgaz. A l'inverse, les valeurs télécoms, jugées défensives, faisaient les frais des arbitrages des investisseurs redécouvrant l'optimisme d'avant le 25 octobre.

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :