Le gouvernement italien appelle Bruxelles à l'aide pour sauver Parmalat

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Le gouvernement italien met les bouchées doubles pour sauver Parmalat. A l'issue du conseil des ministres, Rome a indiqué qu'il allait demander à la Commission européenne de "reconnaître l'état de crise dans le secteur laitier et fromager en conséquence de la situation actuelle de Parmalat". Il est vrai que, selon la confédération des exploitants agricoles, une faillite du groupe menacerait plus de 5.000 sociétés. Par ailleurs, le gouvernement Berlusconi demande à Bruxelles "d'activer les mesures de soutien et de dérogation au régime ordinaire des aides d'Etat" pour soutenir le groupe agroalimentaire en difficulté. L'autre aspect de l'action gouvernementale est la modification par décret de la loi sur les faillites dite "Prodi-bis". Ce décret prévoit notamment de raccourcir les délais prévus par la loi et d'introduire plus de souplesse dans les procédures de la mise sous administration judiciaire. Selon le ministre de l'Industrie Antonio Marzano, ce décret cherche d'abord "à sauver les emplois et non les actionnaires ou les dirigeants". L'adoption de ce décret devrait permettre au nouveau président de Parmalat, Enrico Bondi, de placer le groupe en redressement judiciaire. Un conseil d'administration doit se réunir ce soir vers 18h30. Reste qu'obtenir l'approbation de Bruxelles ne sera pas simple. La Commission a d'ores et déjà fait savoir qu'elle souhaitait être associée de très près aux décisions du gouvernement. Pour preuve, elle a demandé à Rome de lui "fournir des informations sur le décret d'insolvabilité". Le porte-parole de Mario Monti, Tilman Lueder, a ainsi prévenu: "nous invitons le gouvernement italien à engager le dialogue avec nous. Ce dialogue doit être entamé dès lors que le gouvernement prévoit de faire quelque chose pour sauver Parmalat".Pendant ce temps, les déboires judiciaires de Parmalat continuent. Bank of America a en effet porté plainte mardi matin contre le groupe pour "faux en écriture privée". Cette plainte s'ajoute à celle déjà déposée par le parquet de Milan pour "faux bilan, fausses communications aux auditeurs, fraude aggravée et manipulations de cours". L'enquête a été confié à un des juges emblématiques de l'opération "mani pulite" (mains propres) qui avait secoué le monde politique italien au début des années 1990. Bank of America est au centre de ce scandale qui ébranle l'Italie. C'est sur la foi d'un extrait de compte de cette banque que Parmalat a affirmé détenir une position de liquidité de 3,9 milliards d'euros via sa filiale des Iles Caïmans, Bonlat. Selon la presse italienne, ce faux aurait été réalisé très simplement avec un scanner. Mais la banque américaine serait également fortement exposée dans cette affaire, à hauteur de 500 millions à un milliard d'euros. Par ailleurs, selon l'agence Bloomberg, des sources proches de l'enquête auraient laissé entendre qu'il manquerait 9 milliards d'euros dans les caisses du groupe. Une autre source citée cette fois par Reuters indiquait que "actuellement, le trou s'élève à 7 milliards d'euros". Des informations qui n'ont pas été commentées par le groupe italien. Mais les milieux financiers attendent désormais la suite des événements avec angoisse. "Nous n'avons encore vu que la partie émergée de l'iceberg", s'inquiète ainsi un gérant transalpin cité par Bloomberg. Une situation qui évidemment inquiète les actionnaires. Deminor, le groupe de défense des porteurs d'actions, a ainsi indiqué avoir été saisi sur l'affaire Parmalat pour examiner une éventuelle action judiciaire. En attendant, l'action Parmalat reste suspendue à la Bourse de Milan et le sera toute la séance. Le titre a perdu 90% en une semaine et la société a été aujourd'hui retirée de l'indice vedette de la place milanaise, le Mib-30, où elle a été remplacée par la société de restauration autoroutière Autogrill. Il faut dire que Parmalat ne pesait plus que 89 millions d'euros, loin de sa capitalisation record de 1,8 milliard d'euros.

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