Ecarts de langage et courtage ne font plus bon ménage

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Cocaïne, alcool, injures et harcèlement : les impressionnantes façades des respectables maisons de courtage de la City abritent des moeurs que leurs clients ne soupçonnaient sans doute pas. Mais le procès intenté par l'ancien chef des produits dérivés sur les taux d'intérêt de la filiale londonienne de Cantor Fitzgerald à son patron pour harcèlement a livré en pâture des pratiques peu conformes à la bienséance british. Le plaignant accuse son ancien patron de l'avoir poussé à la démission par des bordées quotidiennes d'insultes et d'humiliations publiques et réclame 1,5 million de livres sterling, soit plus de 2 millions d'euros, de dommages et intérêts. Le responsable de Cantor réplique que son employé était alcoolique, à raison de huit bières et dix vodkas par jour, et toxicomane, pouvant aller jusqu'à 4 grammes de cocaïne par semaine. Shocking ! Le royaume de Sa Gracieuse Majesté la reine d'Angleterre semble découvrir que derrière le tombé impeccable des costumes trois pièces de Savile Row se cachent des rustres aux moeurs brutales et dépravées. "Cela fait partie du métier. Nous sommes très passionnés. C'est notre argent et nous devons le protéger", a tenté de justifier le patron de Cantor UK, qui a reconnu "insulter et crier après [ses] employés." Il a en revanche nié avoir voulu embaucher un tueur à gages pour éliminer le patron de la maison de courtage rivale, Rocco & Associates.Peu de professions, si l'on excepte les militaires sans doute, utilisent un vocabulaire aussi ordurier que celui des traders. Le juge Newman en charge de l'affaire a lui-même admis que "gros mots et cris sont pratiques courantes dans le métier du courtage" où le moindre gain de temps peut rapporter des millions. Il s'est cependant interrogé sur cette culture "macho" des salles de marché : est-elle acceptable sur les lieux de travail ou contrevient-elle aux obligations liant employeurs et employés ?Si l'on en croit la presse britannique, le jugement, attendu à la fin du mois, pourrait faire jurisprudence et avoir des retentissements au-delà du "square Mile", le quartier de la finance londonienne. Les "brokers" pourraient se sentir obligés d'adopter des règles de conduite plus "politiquement correctes." Les grossièretés n'auront peut-être bientôt plus droit de cité à la City.

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