Les "chats gras" à la porte !

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Le jeu de mots est facile mais tentant : Grasso, trop grassement payé, bouté hors du Nyse... Le boss de la première place boursière de la planète est donc contraint à la démission pour inflation salariale caractérisée. Rien d'illégal, rien de répréhensible. Si ce n'est l'impression que le New York Stock Exchange ferait mieux de balayer devant sa porte avant de donner des leçons de bonne conduite aux patrons des sociétés cotées au Nyse, justement. Déchu de son statut de héros national gagné au lendemain des attentats du 11 septembre pour endosser le costume beaucoup moins flatteur de "chat gras" - le sobriquet dont on gratifie ces patrons aux émoluments fastueux - Grasso a dû se plier à la nouvelle obsession des marchés : traquer tous les excès. Et quitter son poste. Sous les huées, il part tout de même avec la coquette somme de 140 millions de dollars, en salaire, retraite et épargne, accumulés sur plusieurs années à la Bourse, ces fameux 140 millions à l'origine du tollé. Grand seigneur, il a renoncé aux 48 millions de primes diverses supplémentaires. Rien à voir avec les 4 millions d'euros d'indemnités auxquels a bien voulu renoncer, non sans un certain panache, Pierre Bilger, l'ancien patron d'Alstom aujourd'hui au bord du dépôt de bilan... Ni même avec les 20 millions de Jean-Marie Messier : lui qui criait haut et fort son dégoût pour les "parachutes en or" et s'en est bricolé un de dernière minute au moment de lâcher sous la contrainte les commandes de Vivendi. Un vulgaire bout de papier signé sur un coin de table un beau jour de juillet 2002, aujourd'hui bien encombrant et pour lequel les autorités boursières de France et d'Amérique s'écharpent en gelant chacune de son côté de l'Atlantique les sommes concernées...Le mouvement de contestation est né au coeur de la City : de grands fonds ont commencé à s'indigner des primes et salaires parfois indécents de certains patrons. Tom Glocer notamment, le patron de Reuters, a suscité l'ire des actionnaires et des salariés en avril dernier en s'accordant de rondelets bonus alors qu'il annonçait la première perte de l'histoire boursière de l'agence et licenciait à tour de bras pour réduire les coûts. Le phénomène s'est répandu comme une traînée de poudre. Sur toutes les places, les petits - et gros - porteurs, accablés par des cours de Bourse au plancher, se sont mis à réclamer des têtes (Bon, Messier, Bilger...), parfois de simples fusibles bien commodes. Mais comment ne pas se sentir outragés par des PDG faisant leurs choux gras des douloureuses moins-values de leurs actionnaires ?

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