JD Edwards recourt au tribunal pour empêcher la fusion Oracle/PeopleSoft

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A peine entamée, l'affaire prend déjà une tourne judiciaire. L'éditeur de progiciels JD Edwards a demandé au tribunal de s'opposer à la fusion entre Oracle et PeopleSoft. Le groupe accuse en effet Oracle d'avoir lancé une OPA hostile sur son concurrent dans le seul but d'empêcher le rapprochement prévu entre JD Edwards et PeopleSoft. Pour immixion irrégulière dans ses affaires, JD Edwards réclame à Oracle 1,7 milliard de dollars de dommages et intérêts.Il y a deux semaines, PeopleSoft, n°3 du secteur du progiciel, a annoncé une offre de reprise de son concurrent JD Edwards, afin de créer un nouveau mastodonte dans le domaine du progiciel, malmené en raison des politiques d'économies de coûts réalisées par les entreprises. Si elle se concrétisait, la fusion propulserait le duo PeopleSoft/JD Edwards à la deuxième place du marché devant Oracle, et toujours derrière SAP. Coup de théatre quelques jours plus tard: Oracle lance une OPA hostile sur PeopleSoft, et assure que si elle réussit, le projet de rachat de JD Edwards serait réexaminé. Simple coïncidence ou stratégie de défense de la part d'Oracle? Plus le temps passe, plus les analystes pensent qu'Oracle veut tout simplement empêcher la naissance d'un groupe qui, immanquablement, affaiblirait ses positions sur le marché. D'où la plainte annoncée jeudi soir par JD Edwards, pour "conduite illégale et pratiques professionnelles déloyales" et qui demande au tribunal californien de rendre une ordonnance enjoignant Oracle de retirer son offre.Jeudi, le conseil d'administration de PeopleSoft a déjà annoncé s'opposer à l'unanimité à l'offre d'Oracle. Principal motif évoqué: le projet se heurterait probablement au veto des autorités anti-trust. En outre, il sous-valorise largement PeopleSoft et pénaliserait la valeur des deux entreprises. JD Edwards s'est d'ailleurs félicité de la réaction du conseil d'administration de PeopleSoft. C'est dans cette cacophonie qu'Oracle a quand même publié des résultats trimestriels flatteurs. Pour son quatrième trimestre, à fin mai, le spécialiste des bases de données a vu son bénéfice net croître de 30% à 858 millions de dollars (16 cents par action) pour des revenus en hausse de 2,1%. La marge opérationnelle a progressé de 1 point à 45%. Sur l'ensemble de l'exercice, les ventes ont baissé de 2% à 9,5 milliards de dollars tandis que le bénéfice net a augmenté de 4% à 2,31 milliards. Pour le trimestre en cours, Oracle table sur un bénéfice compris entre 7 et 8 cents par action pour un chiffre d'affaires en hausse de 4 à 7% par rapport aux 2,03 milliards de l'an passé.Chez Oracle, on se montre très satisfait des résultats. Selon le communiqué, le groupe aurait même pris des clients à PeopleSoft. Une assertion qui laisse sceptiques les analystes. En tout cas, même pour le numéro deux du marché, une opération de croissance externe aurait du sens. C'est en tout cas ce que pense le PDG, Larry Ellison. "Nous pensons que le monde de la high-tech va devenir de plus en plus difficile. Les forts seront plus forts et les faibles plus faibles", a-t-il déclaré. Autre raison qui pousserait Oracle à un rapprochement avec PeopleSoft: le groupe est surtout connu pour son savoir faire dans les bases de données mais n'a pas réussi à trouver sa place dans les progiciels fonctionnels, ces outils qui gèrent directement les fonctions de l'entreprises (ressources humaines, comptabilité...).

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