Rhodia repart à la hausse après la démission de son PDG

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Après les diverses annonces faites par Rhodia vendredi, le titre du groupe de chimie est très entouré ce lundi à Paris. Et, chez les investisseurs, c'est bien la satisfaction qui l'emporte. Suspendue vendredi, l'action enregistre à la clôture une progression de 3,83%, à 5,42 euros.Ce qui semble plaire au marché, c'est avant tout le remaniement annoncé à la tête du groupe. Critiqué à plusieurs reprises, le PDG de Rhodia, Jean-Pierre Tirouflet, a présenté sa démission lors du conseil d'administration qui s'est tenu vendredi matin, a annoncé un communiqué. Officiellement, ce conseil devait examiner l'activité et la situation du groupe. Mais, comme l'avait annoncé La Tribune de vendredi (voir ci-contre), des rumeurs laissaient entendre, depuis jeudi soir, que la démission du PDG serait bien le point central de cette réunion.Jean-Pierre Tirouflet avait déjà été mis en cause au printemps dernier par des actionnaires minoritaires (notamment le groupe Bruxelles Lambert, Hugues de Lasteyrie et Edouard Stern). Il s'était alors sorti de cette mauvaise passe grâce au soutien du conseil d'administration et de l'actionnaire de référence du groupe, Aventis.Mais depuis, la situation s'est encore dégradée. Les résultats semestriels ont mis en relief une perte de 150 millions d'euros et l'endettement ne devrait pas passer sous la barre de 2,5 fois l'excédent brut d'exploitation à la fin de l'année, comme l'envisageait le groupe initialement. Conséquence: l'action a perdu près de 34% depuis le début de l'année. Bien sûr, la conjoncture n'a pas favorisé Rhodia, mais certains pointaient également du doigt la gestion de Jean-Pierre Tirouflet, et en particulier les nombreuses et coûteuses acquisitions réalisées par le passé.Un tandem pour diriger le groupePour succéder à Jean-Pierre Tirouflet, c'est un tandem qui prendra les commandes du navire. Comme annoncé par La Tribune, Yves-René Nanot, actuel PDG des Ciments Français, assurera la présidence du groupe. Jean-Pierre Clamadieu, jusqu'ici directeur général de Rhodia en charge de la division de chimie organique fine, prendra le poste de directeur général.Ce remaniement à la tête du groupe a également été l'occasion pour Rhodia de faire un point sur ses perspectives. Et elles sont plutôt pessimistes. Alors qu'il avait déjà parlé d'un second semestre "plus difficile qu'attendu", le groupe de chimie a indiqué vendredi que l'excédent brut d'exploitation du troisième trimestre se situerait entre 70 et 80 millions d'euros, contre 149 millions un an plus tôt. Quand à son sentiment sur le quatrième trimestre, Rhodia n'attend "pas d'amélioration significatives des conditions de marché".Un plan pour relancer RhodiaPour rebondir, le groupe a donc décidé de mettre à exécution un plan d'action. C'est d'ailleurs ce plan qui est officiellement évoqué pour justifier le départ de Jean-Pierre Tirouflet, ce dernier "considérant que la mise en place d'une nouvelle équipe faciliterait le succès de ce plan d'action".Le plan s'oriente autour de deux axes principaux. D'abord, Rhodia va se recentrer. Ce qui va se traduire par des désinvestissements "avec un objectif d'au moins 600 millions d'euros de produits de cessions d'ici la fin de l'année 2004". Par ailleurs, le groupe va procéder à "une simplification des processus de fonctionnement", d'où "des économies supplémentaires de plus de 150 millions d'euros ayant plein effet en 2006"."L'ensemble de ces mesures viendra s'ajouter à l'effet récurrent des précédents plans de réduction des coûts déjà annoncés par le groupe en 2002 et 2003. Ceux-ci devraient permettre des économies d'environ 38 millions d'euros en 2003, 123 millions d'euros en 2004 et 150 millions d'euros en 2005", ajoute le communiqué.

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