La chimie de spécialité européenne dans la tourmente

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Gros temps sur la chimie européenne de spécialité. Deux grands groupes présentent en effet des résultats bien décevants ce vendredi. Et les opérateurs pourraient en tirer rapidement des conséquences. Le communiqué le plus attendu était celui de Rhodia. La direction du groupe français est, on le sait, fortement contestée par les actionnaires minoritaires sur sa stratégie. Or l'état des comptes du deuxième trimestre risque encore de donner à ces derniers du grain à moudre. Rhodia a en effet encore souffert au deuxième trimestre. Le chiffre d'affaires a reculé de 20,7% en un an, victime selon le groupe à la fois de l'euro fort et de "faibles volumes". Il faut dire que la reprise industrielle se fait encore attendre tant en Europe que sur le continent américain. Mais la rentabilité de Rhodia a été encore touchée par le renchérissement du pétrole, matière première indispensable à la chimie fine. Apparemment, la hausse des prix décidée dans la foulée par le groupe n'a pas été suffisante. La marge brute d'exploitation baisse ainsi de 110 points de base en un an et le résultat brut d'exploitation baisse de 25% sur un an à 123 millions d'euros. Seul motif réel de satisfaction, ce chiffre s'améliore légèrement par rapport au premier trimestre 2003 (+9,8%), sans doute sous l'effet de la légère baisse du prix du baril.Le problème, c'est que ce mouvement ne se reflète pas dans le résultat net du groupe qui continue à se dégrader rapidement, notamment sous le coup des amortissements pour écart d'acquisitions. Au deuxième trimestre, la perte nette s'établissait ainsi à 57 millions d'euros, contre 52 millions d'euros au premier trimestre et surtout contre un bénéfice net de 24 millions d'euros au deuxième trimestre de l'an dernier.Surtout, les perspectives ne sont pas bonnes. Le groupe estime que la visibilité "reste faible en raison des incertitudes sur l'évolution de la demande et des devises". Une situation qui ne permettra pas, précise Rhodia, d'atteindre l'objectif d'un ratio dette nette sur excédent brut d'exploitation de 2,5 en 2003. Or, comme le groupe entend continuer à réduire sa dette, on doit s'attendre à un nouveau recul du résultat opérationnel du chimiste. Le directeur général a d'ailleurs confirmé que le groupe serait en perte sur l'ensemble de l'exercice 2003. Les opérateurs ne s'y sont pas trompés. En ouverture, le titre Rhodia a perdu vendredi 6,91%. En clôture, la baisse n'était plus que de 4,61% à 5,38 euros, mais il est certain que les opérateurs ont été refroidis par cette annonce. Aux Pays-Bas, DSM, le spécialiste des ingrédients destinés à l'industrie pharmaceutique a également déçu les opérateurs. Les résultats du groupe sont pourtant conformes aux attentes avec un bénéfice trimestriel hors exceptionnels de 67 millions d'euros, soit une baisse de 44% sur un an. Là aussi, le président du groupe néerlandais estime que les "perspectives à court terme ne sont pas satisfaisantes". Selon lui, le bénéfice opérationnel devrait reculer au troisième trimestre avant de se reprendre au quatrième. Le chimiste de Heerlen fermera donc temporairement plusieurs sites de production et devra également licencier 600 personnes au cours du deuxième semestre. Il faut dire que DSM va devoir digérer la division Chimie fine et Vitamines de Roche qui lui coûtera 1,75 milliard d'euros, sans compter les frais d'intégration (estimés à un milliard d'euros par JP Morgan). En clôture, l'action DSM a perdu vendredi 3,44% à 40,17 euros.

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