Siemens limite la casse

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Siemens fait mieux que se défendre. Dans un contexte particulièrement difficile, le conglomérat allemand a déjoué les anticipations pessimistes des analystes. Le groupe a ainsi affiché pour le troisième trimestre de son exercice 2002-2003 (avril-juin) un bénéfice net de 632 millions d'euros. Un résultat en baisse de 13% sur un an, mais qui dépasse largement les estimations de la communauté financière. Le consensus calculé par Reuters s'établissait en effet à 416 millions d'euros. Et les analystes les plus optimistes n'osaient pas dépasser une estimation de bénéfice net de 606 millions d'euros. Selon l'agence AFX, la fourchette haute des attentes ne dépassait pas 553 millions d'euros. Le président de Siemens, Heinrich von Pierer, ne s'est donc pas privé d'une petite séance d'autosatisfaction. Dans le communiqué du groupe, il se dit ainsi très satisfait de ces résultats trimestriels. Avant de dresser un tableau apocalyptique de la situation dans laquelle évolue actuellement son groupe : faibles croissance de la demande, euro fort, baisses des ventes et des commandes. Et il est vrai que le chiffre d'affaires de Siemens est en chute libre et est, lui, en deçà des attentes des analystes: -15% à 17,38 milliards d'euros. En dehors de l'effet change, les ventes baissent encore de 7%. C'est dire la faiblesse actuelle de la demande. Les commandes, elles, reculent de 10% sur un an au cours du trimestre (-1% hors effet de change). Heinrich von Pierer peut donc avoir le sourire. Son groupe a prouvé qu'il était capable de conserver une bonne rentabilité en période de crise. En réalité, les deux épines dans le pied du groupe munichois restent les mêmes. D'abord, la division de réseaux de téléphonie fixe a encore creusé ses pertes opérationnelles. A 125 millions d'euros, ces dernières sont en effet 74% plus élevées qu'au troisième trimestre de l'exercice 2001/2002. Ces pertes sont néanmoins dans la moyenne des attentes des analystes. Autre source de difficulté pour Siemens, la division Energie. La baisse de la demande de turbines aux Etats-Unis a entraîné une contraction du bénéfice opérationnel de 41% sur un an à 279 millions d'euros. Cette baisse est néanmoins moins forte que celle attendue par les analystes. Les autres grandes divisions du groupe sont, elles parvenues à améliorer leurs marges opérationnelles, y compris la branche téléphonie mobile (ICM). Cette dernière affiche ainsi un bénéfice de 17 millions d'euros sur le trimestre, effaçant les pertes de 9 millions d'euros l'an passé à la même période. On notera également la bonne résistance de la division SSII (SBS) qui gagne 17 millions d'euros, soit 240% de plus qu'il y a un an. La division de matériel médical est toujours la plus rentable et a généré un profit opérationnel sur le trimestre de 332 millions d'euros. Dans une conférence téléphonique, Heinrich von Pierer a indiqué que groupe devrait dégager un bénéfice net de 2,2 milliards d'euros au moins et des ventes de 75 milliards d'euros sur l'ensemble de son année fiscale, qui sera close fin septembre. Il a notamment prévu un quatrième trimestre "plus élevé en termes d'activité que le troisième". Heinrich von Pierer a par ailleurs annoncé un plan d'économie d'un milliard d'euros sur deux ou trois ans. Les secteurs visés par ces économies seront les budgets de voyage, les budgets technologiques, la formation interne et les coûts de consulting. Autant d'éléments qui satisfont les analystes. Cité par Reuters, Trudbert Merkel, analyste chez Deka Investments estime que "la restructuration est bel et bien sur les rails". A fin de journée à Francfort, ces bons résultats satisfaisaient les marchés et le titre gagnait 3,80% à 49,15 euros.

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