Bon trimestre opérationnel pour Roche

A Bâle, on a souvent l'habitude de voir Novartis devant et Roche à la traîne. D'où la tentation du rachat du président de Novartis, Daniel Vasella. Mais Franz Humer, le président de Roche, est en passe de prouver que son groupe peut, seul, avoir un potentiel de développement égal, voire supérieur à celui de son voisin et concurrent. Et les résultats du deuxième trimestre de Roche présentés ce mercredi semblent montrer qu'il est en passe de réussir son pari. C'est ainsi que les ventes du groupe suisse ont progressé en monnaies locales (hors effets de change) de 17% sur un an entre avril et juin à 13,88 milliards de francs suisses (9,26 milliards d'euros). Une croissance qui est nettement supérieure à celle de Novartis sur la même période (10%), même si la vigueur du franc suisse réduit considérablement cette hausse à +6%. Ce bon chiffre repose avant tout sur le dynamisme de la branche Pharmacie (+21% en monnaies locales) qui surperforment nettement la branche diagnostics (+7% en monnaies locales). Et dans la branche pharmacie, les produits oncologiques (anti-cancéreux) ont montré la plus grande vigueur (+36% en monnaies locales). Au point que le groupe a décidé de revoir à la hausse ses prévisions de ventes pour deux de ses médicaments oncologiques vedette. Le MabThera, qui lutte contre le cancer du sang, devrait ainsi en 2003 rapporter 4,5 milliards de francs suisses contre 3 milliards prévus initialement. Quant au Pegasys, il devrait atteindre 2 milliards de francs suisses de chiffre d'affaires, contre 1,5 milliard de francs suisses attendus préalablement. En termes de résultat opérationnel, la croissance est très soutenue. A 2,79 milliards de francs suisses, il est en hausse annuelle de 15% en francs suisses et de 27% en monnaies locales. Là encore, Novartis est largement dépassé. Une très belle performance qui ne se ressent pourtant pas dans le résultat net. Roche doit en effet accuser un recul de 28% à 1,29 milliard de francs suisses (837 millions d'euros). Cette baisse s'explique principalement par la faiblesse persistante des marchés et des perspectives économiques. Celles-ci ont d'abord encore grevé les pertes financières du groupe. Elles ont par ailleurs forcé Roche à revoir à la baisse son offre concernant la vente des activités Chimie fine et Vitamines à DSM. Roche ne demande plus que 1,75 milliard d'euros au Néerlandais, soit 200 millions d'euros de moins que précédemment. De plus, l'accord prévoit désormais que DSM devienne le fournisseur exclusif de Roche pour certains ingrédients, ce qui devrait entraîner un surcoût de 100 millions d'euros sur 4 ans. Roche a donc dû passer une charge de 360 millions d'euros dans ses comptes trimestriels pour prendre en compte ce nouvel état de fait. On a d'ailleurs appris mercredi midi que la Commission européenne avait donné son accord à l'opération.Malgré tout, ces résultats sont très bien accueillis par les analystes qui considèrent désormais que le pari de l'indépendance fait par Franz Humer est en passe d'être gagné. La banque suisse Sarasin a ainsi relevé sa recommandation dans la matinée de "neutre" à "achat". Le président du laboratoire a par ailleurs estimé que "compte tenu de ces bons résultats, nous pouvons atteindre nos prévisions de chiffre d'affaires et de bénéfices pour 2003", soit une croissance à deux chiffres pour les deux lignes. Du coup, Roche grimpe en bourse, malgré un multiple cours sur bénéfice escompté pour 2004 supérieur de plus de 30% à la moyenne européenne du secteur. A la clôture, le titre gagnait 3,74% à 111 francs suisses.Vers l'acquisition d'IgenLa rumeur d'une acquisition du laboratoire américain Igen par Roche s'était répandue comme une traînée de poudre mardi à Wall Street. Le titre Igen avait alors gagné 13,66%. Mercredi matin, Franz Humer l'a en quelque sorte confirmée. "Une OPA sur Igen entre dans le domaine du possible", a-t-il indiqué en ajoutant que de nombreuses "complications" pourraient être liées à une telle opération. Igen et Roche sont en démêlés judiciaires à propos de l'usage d'un procédé sous licence de l'Américain par le groupe suisse. Mais Franz Humer a prévenu, il ne fera rien sous la pression. "Je n'aurai pas un pistolet sur la tempe. Je ne réagis pas très gentiment au chantage", a-t-il menacé d'emblée. Les négociations risquent donc d'être encore longues et difficiles. Igen est actuellement valorisée en bourse à 928 millions de dollars (environ 820 millions d'euros).

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